‹ La physique en actionChapitre 47 sur 93 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

simples vernis d'or et d'argent destinés à préserver les surfaces de l'oxydation. En remplaçant , d'ailleurs, le dangereux travail au mercure, ils ont rendu aux. ouvriers doreurs un inappréciable service.

430. La gahcmo'plastie est une application non GaWanomoins brillante des forces électriques mises en jeu par la pile. Cet art ne diffère au fond du précédent qu'en ce qu'au lieu de précipiter de leurs dissolutions les métaux en couche mince et essentiellement adhérente , on les précipite en plaques épaisses qui ne doivent point adhérer, et qui emportent avec elles les formes des empreintes sur lesquelles elles se sont moulées d'abord. Ce travail électrique exige aussi essentiellement l'emploi de piles à courant constant , ou de simples couples voltaïques jouissant aussi de la constance des effets.

Qu'on prenne une lame de plomb sur laquelle on gravera en creux quelques caractères, et qu'on la suspende, dans une solution de sulfate de cuivre, au pôle négatif d'une couple voltaïque. Le sulfate sera décomposé , et le cuivre se précipitera en atomes sur la lame de plomb ; mais ces deux métaux ne sauraient contracter d'adhérence. Si la solution saline çst saturée, et que le courant marche avec régularité et lenteur, le cuivre se déposera sous forme dç plaque solide, à laquelle on pourra donner une épaisseur voulue. I^ plaque de cuivre ainsi formée se délachera facilement de la plaque de plomb , et la surface qui se trouvait appliquée

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au plomb émjJorterà avec elle ^ mais en relief^ les caractères qui, sur le plomb , se trouvaient gravés en creux.

Yèut-on reproduire en cuivre, en or, en argent, en platine, un modèle de cuivre, une médaille, par exemple, ou une planche gravée? L'action voltaïque pourrait faire adhérer au modèle le métal préci|)ité; or, c'est à quoi l'on peut- obvier en frottant la surface du modèle avec une poudre métallique impalpable, qui ne change pas les formes et empêche l'adhérence. On emploie diverses solutions, selon la nature du métal qu'on veut précipiter. La plombagine , qu'on peut réduire en poudre excessivement ténue, et qui est un bon conducteur, est employée de préférence à toute autre.

En partant du principe que le courant voltaïque n'agit qu'à la surface des corps, il est évident qu'on pourra employer pour moules galvano-plastiques, iion-seulement des métaux, mais des substances quelconques, dont la surface aura pu être métallisée. Or, la plombagine, soit en poudre sèche, soit à l'état de bouillie, peut être appliquée en couches minces sur une foule de corps, qu'elle rend ainsi assez conducteurs pour pouvoir servir de pôle négatif. La cire ordinaire, la réàitie, le plâtre, qu'on moule si facilement, servent de matrices quand ces substances ont été plombaginées , et le dépôt de cuivre s'y fait parfaitement bien. On peut donc reproduire ainsi des ba9*r6liefs, par exemple, qu'on ne peut dé-

placer. On pr^od kur empreinte en plAtre et en » creux ; ce creux , plombagine, sert de pôle négatif, et le cuivre du sulfate s'y dépose en relief. Les rondes bosses se moulent en plâtre en deux parties, sur lesquelles on agit séparément de la même façon, et qu'on raccorde par une soudure, sut* laquelle on fait edsuite déposer une couche de cuivre.

Si l'on prend directement l'empreinte d'un modèle métallique^ le produit en est la contre^ épreuve; c'est-à-dire que les saillies se moulent eii creux , les creux en saillies. Mais la pièce ainsi formée peut être prise pour moule à son tour, ^t alors elle donne , par ses propres contreépreuve^, des copies dans le même sens que l'original*

L'£(ppareil galvano-plastique, avons-nous dît, peut être et esl ordinairement une simple couple zinc et cuivre ; et les liquides électromoteurs sont le sulfate de cuivre et l'eau acidulée , sé[)arés pat un diaphragme de terre poreuse. Le sulfate se décomposatit , comme il imporle que la solution soit toujours concentrée , on y met des morceaux dé sulfate solide qui s'y dissolvent à mesure. Dans certains systèmes, où le pôle positif est de même substance que le métal en dissolution , ce pôle s'oxyde, et se dissout de manière à remplacer l'oxyde réduit; ce qui maintient le degré de concentration voulu, et, par suite, la constance des effets.

431. Les applications de la galvano-plastie sont AppUcatiort.

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nombreuses 9 et elles gagneront en importance à mesure que cet art se perfectionnera. On peut, par son moyen , multiplier les exemplaires de certains types précieux, médailles, bas-reliefs, camées. On copie des cachets, des sceaux, des empreintes en soufre, en cire, en plâtre; on reproduit les caractères d'imprimerie, les planches de cuivre gravées, et même les gravures sur bois. On l'emploie à produire un plaqué très-uni , qui sert à recevoir les empreintes daguerriennes, pour lesquelles le poli parfait est de rigueur. On l'applique à la reproduction de ces images elles-mêmes ; on en tire des contre-épreuves d'une grande perfection, sans altération de l'original; et ces contre-épreuves servant de. moules à leur tour, on peut multiplier facilement les images primitives. D'ailleurs ces empreintes en creux paraissent pouvoir servir à la gravure en taille-douce, et à la reproduction des images daguerriennes sur le papier. Enfin , l'application la plus importante peut-être s'applique à l'art du fondeur. Car, comme il n'est pas de statue qu'on ne puisse mouler en plâtre, et pas de plâtre qu'on ne puisse plombaginer, on pourra donc, sur ces modèles , déposer une couche de cuivre (ou de tout autre métal) d'une épaisseur voulue, et changer ainsi une statue de plâtre en statue de bronze, qui résistera ^ux altérations autant que l'original. Un objet quelconque peut ainsi être façonné en airain ; et c'est ce qu'on fait avec des fruits et beaucoup de végétaux. Enfin, on peut enfermer ainsi

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lin cadavre dans une enveloppe de bronze, el, au moyen du moulage ordinaire en plâtre , en façonner une statue qui reproduise les traits de riiomme dont il recèlerait la dépouille. Cette statue peut à son tour être dorée par les procédés Ruolz. Quel parti n'auraient pas tiré de ce moyen , s'ils eussent connu la pile et nos industries modernes, ces Romains qui divinisaient leurs Césars et leur érigeaient des temples ?

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