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DES POISSONS ÉLECTRIQUES

432. Nous ne devons point passer sous silence les singuliers phénomènes que présentent les ani- |

maux , et particulièrement certains poissons, bien que ces machines organiques ne soient pas un pro- !

duit de l'art humain. Mais la science a su fouiller i

cette mine, et mettre au jour des faits curieux que la nature n'eût jamais révélé ^ sans les ingénieuses méthodes d'investigation par lesquelles | l'homme a su ajouter aux phénomènes primitifs. i Effeto II existe trois espèces de poissons qui jouissent V^w!" de la faculté très-remarquable de donner de violentes commotions, lorsqu'on les touche en cer- | taines parties du corps en les irritant. Ce sont le silure f \e g/mnote et la torpille. Le gymnote est I une sorte d'anguille d'eau douce, de 1 5 à 20 déci- 1 mètres de longueui;; la torpille est une raie assez commune sur les bords de la Méditerranée. Si Ton | irrite l'animal en le touchant, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un conducteur électri- I que , on éprouve une commotion analogue à celle d'une forte bouteille de Leyde ; et, comme ce der-

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nier appareil, la torpille donne la secomsse à toute une chaîne de- personnes qui se tiennent par la main. Quand l'animal est vigoureux , il frappé également, soit dans l'eau, soit dans lair; il peut réitérer ses coups à d'assez faibles intervalles ; et leur puissance est d'ailleurs en raison de la vitalité de l'animal, de sa taille, et du degré d'irritation auquel on le soutnet. On suppose que la torpille foudroie de la sorte les petits poissons dont elle fait sa pâture. Les cotif>s du gymnote sont encore plus vigoureux; ces animaux parviennent, par des coups réitérés, à tuer jusqu'à des chevauxj La parfaite similitude qui existe entre les commotions données par ces poissons avec les secousses produites par la bouteille de Leyde, jointe à cette circonstance que l'effet en est interrompu par un corps isolant, ont fait juger tout d'abord que les coups de la torpille et du gymnote étaient de nature électrique. Or, dans cette hypothèse , on devait chercher dans quel organe ces commotions avaient leur source : cet organe est connu d'une manière indubitable; mais, quoique la science ait su exalter soii énergie , il n'est pas possible d'y reconnaître ce qu'oti a voulu y voir, quelque chose de véritablement analogiie à une batterie vollaïque. L'organe de la torpille est double , et situé des deux côtés de la tête. Chacun de ses lobes se composa d'un grand notnbre de tubes aponévrotiques, à coupe hexagonale, rangés en faisceaux autour des branchies, et dont les bases reposebc sur les àeat pèaulc supérieiifé et inférieure. Dans

une torpille d'un rnètre, on a compté i,i8a de ces tubes dans un seul des organes. Tous ces tubes sont fermés par une membrane également aponévrotique,qui s'étend sur toute la surface intérieure de la peau. Ils sont cloisonnés par de petites membranes transversales, et les compartiments sont remplis par une substance gélatineuse ; l'ensemble est d'ailleurs traversé par un grand nombre de filets, nerveux, produit de la division de nerfs remarquables par leur grosseur.

Dans le gymnote, l'appareil électrique est placé sous la queue; dans le silure, il est plaqué sur toute la surface du corps ; d'ailleurs aucune branche du système nerveux ne leur est spécialement affectée. Toutefois , dans ces trois espèces , l'appareil a la même constitution , ce qui semble indiquer des fonctions identiques.

ÉtinceUe 433. Ou a dû demander aux décharges électriques de la' torpille la série complète des phénomènes que produisent nos machines et nos piles. Or, en appliquant à la torpille des plaques conductrices et des fils interpolaires convenables, on obtient, lors de ses décharges, la déviation du multiplicateur, réchauffement des fîls conjonctifs, la décomposition de l'eau, enfin l'étincelle électrique. Voici comment on procède pour obtenir celle-ci. On prend un tube en U, a moitié plein de mercure, et fermé par des bouchons isolés que traversent des fils de fer, dont les

électrique.

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