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CHAPITRE XXXIIL

DE lA LUMIÈRE EN GÉNÉRAL. — SA PROPAGATION. — CLAIRS ET OMBRES. — VISION SENSITIVE.

435. La lumière est un fluide subtil , ou plutôt une action spéciale de Tétlier, due à des oscilla- de u tions transversales, et dont le mouvement ondu- "™ latoire se propage en ligne droite. Le mouvement traverse certains corps appelés diaphanes; il est arrêté et généralement réfléchi par d'autres corps dits optiques. Il n'en est d'ailleurs aucun qui, réduit en lames extrêmement minces, ne soit légèrement translucide ; ce qui prouve que, même dans les corps opaques , la lumière pénètre au-dessous de la surface qui les termine. Elle émane du soleil principalement : les étoiles à un moindre degré, la lune et les planètes par réflexion des rayons solaires, enfin les corps ignescents ou plus ou moins électrisés, nous donnent la lumière. De quelque source<{u'elle émane, et quand elle ue ohaage

pas de milieu , elle se ment en ligne droite ; c'est sur ce principe que sont fondés une foule d'instruments et d'opérations dans les sciences et les arts ; la détermination et le tracé des lignes droites par le jalonnage en offrent un exemple. Sa vitesse de propagation est fort grande; elle s'élève à 78,000 lieues par seconde, comme on l'a constaté par le temps que met à traverser Fécliptique celle qui nous vient des satellites de Jupiter. Aussi sa transmission d'un point de la terre à l'autre est-elle réputée instantanée, puisqu'elle n'occupe jamais qu'une exlrêmement petite fraction de seconde. On s'appuie sur ce principe pour déterminer des distances, par exemple, celle d'un nuage orageux , ou celle d'une pièce d'artillerie : le moment où l'on aperçoit l'éclair du nuage ou de l'amorce est réputé celui du coup , à quelque distance qu'on s'en AppUcations. trouvc ; ct c'cst à partir de cet instant que l'on compte les secondes écoulées jusqu'au son perçu, pour déterminer la distance à raison de 34o mètres par seconde. C'est aussi le point de départ d'un procédé imaginé pour la détermination des longitudes sur terre. Une série de stations est établie entre plusieurs points, où l'on enflamme successivement de la poudre ; les feux sont aperçus à distance, au moment même où ils sont allumés, et transmis rapidement sur toute la ligne ; de sorte que la dernière station est instruite du moment précis où la première a brûlé sa poudre. Or, en comparant les heures locales correspondantes aux deux stations extrêmes, on eu déduit la

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différence des longitudes ^ comme avec une observation astronomique.

436. Lorsque, dans un espace éclairé par le ombres, soleil ou un foyer lumineux quelconque, il se trouve un corps opaque , celui-ci arrête une partie

des rayons qui éclairaient Tespace , et il en résulte une ombre. La projection de cette ombre sur le sol y fait une tache noire, qu'on désigne sous le nom Nombre portée. L'ombre est d'autant plus prononcée 9 que la lumière ambiante est plus vive ; elle n'est jamais absolue , parce que les corps environnants et l'air lui-même réfléchissent une certaine quantité de lumière vers les points ombrés. En général , l'ombre n'est que la différence entre deux quantités de lumière. Si deux ou plusieurs foyers éclairent un même espace, le corps opaque portera autant d'ombres , dont chacune sera opposée à l'un des foyers de lumière : cela vient de ce que l'espace opposé à chaque foyer reçoit moins de lumière que les points en dehors de cet espace. En général, ces diverses ombres coïncideront en partie près de l'objet opaque, et l'ombre résultante sera d'autant plus foncée qu'il y aura plus de foyers lumineux. Or, ceci est un simple effet de contraste; ce n'est pas l'ombre qui est elle-même plus intense , mais bien l'espace ambiant , qui, éclairé par plusieurs foyers, rayonne avec plus d'éclat : ce* qui fait paraître plus obscur l'espace (jui ne reçoit aucun des rayons émanés de ces diverses sources.

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