CHAPITRE XXXVl
ratira donc relevé et rapproché de la surface de l'èaii.
473. ïl résulte de cette théorie deux applica- i>épiacement lions immédiates. La première, c'est qu'on juge objets. mal de la profondeur d'une eâû vue obliquement,
et la vue est toujours oblique , excepté pour un seul point; d'où il suit qu'il ne faut pas enlrer sans précaution dans l'eau, au seul aperçu; on pourrait se trouver en avoir par-dessus la tété, lorsqu'on croît devoir ne s'y trouver qu'à mîcorps; remarque assurément fort importante. La seconde application consiste à faire rémarquer que si Ton veut frapper un objet placé sous l'eau, tel qu'un poisson, il ne faiit pas viser droit, cstr l'objet parait au-dessus de sa position réelle; de plus, comme le projectile éprouve une réfraction qui le rapproche de la sùrfaéé, il importé , pour cette double raison, de viser notabléuient au-dessous du point où l'objet est vu.
On explique, parle déplacement dû à la féfraôtion, pourquoi un bâton plongé dàtis l'eau parait brisé; pourquoi une pièce de monnaie qu'on ne peut voir d'abord au fond d'une cUvette, devietit visible lorsqu'on verse de l'eau dans la cuvette ; et une foule d'autres phénomènes.
474. La réfraction a pour effet de Relever les astres. Les rayons qui en émanent, passant obliquement du vide dans l'air, doivent se rapprocher du rayon , et se rabattre vers ilotre œil. La figure ci-contre montre la marche que suit le rayon, et, par suite, le relèvement que l'astre
siibil ; car il est rapporté en d par le prolonge- . ment de la dernière ligne droite qui arrive à l'œil. De là vient que le soleil peut paraître levé alors qu'il est encore sous l'horizon hb, La réfraction varie avec l'obliquité , ou autrement avec la hauteur de l'astre; elle est a Thorizon la plus grande possible, et l'on a trouvé que là elle relevait moyennement les astres de 33'. Or, comme telle est à peu près la largeur apparente du soleil, on comprend qu'il paraisse entièrement levé, lorsque. son bord supérieur est encore un peu sous l'horizon. Cette cause prolonge le jour de quatre à cinq minutes dans nos climats, et de plusieurs jours dans les régions polaires. C'est à la même cause qu'on doit l'aplatissement ap* parent du soleil à l'horizon , et la déformation des constellations qui se lèvent, les points supérieurs étant moins relevés que les inférieurs.
L'application de ces principes est très-importante pour la mesure des hauteurs astronomiques, qu'on diminue toutes d'une certaine quantité variable avec la hauteur, et donnée par une table. Elle a une importance analogue dans les opérations géodésiques et la mesure des hauteurs absolues, les sommets de tous les objets vus d'en bas étant relevés par la réfraction. Il n'y a qu'au zénith que l'effet de la réfraction soit tout à fait nul.