‹ La physique en actionChapitre 76 sur 93 · Si l'on place sur un papier blanc un petit couieon ac · texte numérisé non relu

Si l'on place sur un papier blanc un petit couieon ac

/ 1 j ■ L 9 1 cidentelles.

carre ou cercle de papier rouge, et qu on le regarde très-fixement pendant une demi-minute, en jetant les yeux sur un autre fond blanc, on aperçoit un carré ou cercle verdâtre qui forme la couleur complémentaire du rouge. Si l'on avait regardé un carré vert, on apercevrait ensuite un carré rose sur le fond blanc ; un pain à cacheter jaune donnerait un cercle violet, et ainsi du reste. Ces teintes complémentaires, vues à vide, sont ce

Anréelei.

Phénomènes du contraste.

«74 PHTSIOÏÏB BIT ACTION.

qu'on désigne sous le nom de couleurs acddert^ telles. Si on regarde sur un fond de la couleur de rimage accidentelle, on y remarque un ton renforcé de la couleur du fond. Si l'on regarde un fond d'une autre couleur, il y a combinaison de cette couleur avec la couleur accidentelle; d'où une nuance composée comme dans le mélange de deux couleurs naturelles.

Tandis qu'on regarde le petit cercle coloré sur un fond blanc, on voit se développer autour de lui la couleur complémentaire; d'où une zone brillante qui l'entoure à un ou deux millimètres de distance: c'est ce qu'on appelle une auréole accidentelle. Cette auréole se combine en général avec la couleur du fond sur laquelle elle se développe : si le fond est blanc , on voit une ligne blanche éclatante au contact des bords du petit cercle coloré.

517. Les auréoles accidentelles donnent lieu à l'important phénomène des contrastes.

Si l'on colle sur une carte, en contact bord à bord, deux bandes de papier, l'une rouge, l'autre jaune; puis, qu'à un millimètre de distance de chacune d'elles on en colle une semblable pour la nuance J à celle dont elle est voisine, et qu'on

regarde alors la carte pendant quelques secondes , on éprouvera un effet très-sensible , dû aux couleurs accidentelles qui se développeront sur le bord des bandes. La bande rouge intérieure recevra l'influence du jaune qui la touche , et ti-

cHâpiTiB xssmn. t76

rera sur le violet; la bande jaune recevra une le* gère nuance verdâtre.La même chose n'a pas lieu sur les deux bandes extérieures, qui paraitroiit n'avoir pas la même teinte que les deux autres, quoique découpées dans une même pièce.

Si les deux couleurs juxtaposées sont complémentaires Tune de l'autre, il en résulte qu'elles devront se renforcer mutuellement; et l'expérience prouve qu'elles acquièrent ainsi un éclat et une pureté remarquables.

Si Ton juxtapose une couleur quelconque avec le blanc, ce dernier prend un léger reflet complémentaire de la couleur voisine; et celle-ci se trouve plus brillante et plus foncée.

Si l'on juxtapose une couleur avec le noir, cette couleur devient plus brillante, mais plus claire; le noir prend plus ou moins la teinte complémentaire de la* couleur voisine, li ne faut pas oublier que le noir et Je blanc sont complémentaires l'un de l'autre.

Enfin, les modifications mutuelles de deux couleurs ne sont pas bornées au cas de la contiguïté. K cinq centimètres de distance, l'effet est encore seesible.

518. De ces lois résultent certaines conve-Hannoiiiedei nances en fait d'associations d'étoffes et d'assor- ^ *^"* timent de meubles. Lès tentures rouges ne doivent pas être rapprochées defe meubles d'acajou, car l'étoHe donnerait au bois une teinte verdâtre qui le rapprocherait du chêne et du noyer, et lui

S76 PHTSIOmS EN ACnON.

ôterait son prix. Il conviendra d'associer les étoffes dont les teintes complémentaires seront réciproques, et serviront à s'aviver mutuellement. Lorsqu'on imprime des dessins sur étofFe ou sur papier de tenture, il faudra avoir égard au résultat de l'influence complémentaire dans le choix des couleurs comparées au fond; à défaut de ce soin, on est exposé à des discussions sur la qualité des couleurs, qui, bien qu'intrinsèquement bonnes, souffrent une altération apparente résultant de leur voisinage. Pour bien juger de la nuance, il faudrait couvrir le fond avec du papier blanc découpé.

Occupons-nous maintenant de l'achromatisme.

Achrona- 519^ Lorsqu'on regarde à travers l'angle réfringent d'un prisme un objet quelconque, on voit ses bords couverte de franges irisées; il en est de même lorsqu'on regarde avec une forte lentille. Cette coloration est une conséquence naturelle de la décomposition de la lumière et du pouvoir dispersif des prismes : si la totalité des objets vus n'offre pas cet aspect, c'est que, toutes leurs lignes intérieures subissant une décomposition pareille, les couleurs qui se dispersent dans toute l'étendue de la surface se superposent les unes aux autres, et refont la lumière blanche: effet qui ne saurait se produire sur les bords. Pour les lentilles, la coloration des objets est d'autant plus prononcée que la lentille est plus forte ; et il en résulte, en

Page 1