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On a cherché d'abord à fixer d'une ma

images.

nière plus solide l'image des plaques daguerriennes, qu'un frottement assez léger brouille et détruit complètement. Or, c'est à quoi l'on parvient en trempant les planches dans une solution d'hyposulfite double de protoxyde d'or et de soude. Ainsi fixée solidement, l'image peut servir de moule galvano- plastique, et on a réussi à en tirer des épreuves sur cuivre et des contreépreuves sans altération sensible de l'imagé.

564. L'iode, qui sert de toile à la lumière, n'of- Sub«uince«

' ^ ^ acceleratri*

frant qu'une substance évaporable sous l'action ««• du fluide lumineux, on a pensé que certaines autres vapeurs produiraient des couches impressionnables peut-être plus sensibles encore. C'est ce qu'on a reconnu pour un assez grand nombre de substances qu'on a appelées dccélératrices , parce qu'elles hâtent considérablement la production de l'image. Le brome et le chlorure d'iode , soit isolément , soit succédant à l'iode , et se mêlant avec lui dans la préparation des couches sensibles , ont augmenté cette sensibilité à tel point II. 28

484 VBtSîQtB m icnoN.

qu'on est parvenu bientôt à produire des images en moins d'une demi-minute d'exposition ti la lumière.

juyoïiscomi. 665. On remarqua ensuite l'action des ra/ons œntinuateurs. En exposant la plaque iodée pendant quelques secondes dans la chambre noire , et la plaçant ensuite sous un verre coloré, un verre rouge, par exemple, on reconnut qu'une fois l'action commencée par la lumière blanche , la présence de l'objet n'était plus nécessaire , et que la lumière diffuse transmise par le verre de couleur simple continuait cette action hors de la présence de l'objet.

Instantanées. 566. Bientôt le bromure d'iode, évaporé sur une plaque iodée à l'ordinaire , donna une couche sensible qui n'exige que des fractions de seconde pour recevoir les empreintes sans l'emploi des verres continuateurs. Dès lors , et dès avant même la possession de ce moyen si rapide , le portrait était trouvé, malgré la mobilité extrême des traits et de la physionomie humaine pendant les opérations les plus courtes. Les nuages et les oiseaux étaient saisis au vol , et le vent pouvait agiter le feuillage sans jeter le moindre voile sur la miniature des arbres dessinés par la lumière. On ne tarda pas à supprimer l'iodage préliminaire de la plaque , le bromure d'iode préparé d'une certaine façon suffisant pour produire des empreintes instantanées.

Beauté 567. La bcauté des épreuves ne méritait pas éprt^ea. moius d'attcntiou que la rapidité de la formation

CBiMTBE XUT. 485

des images. Dans des circonstances tout à fait identiques en apparence^ un même opérateur, et surtout plusieurs opérateurs différents, obtiennent des épreuves de mérites très-divers. Il existe une foule de précautions à prendre pour réussir constamment. Il y a un certain degré d'épaisseur à donner à la couche sensible; et M. Daguerre a modifié lui-même la préparation de ses plaques en y appliquant une couche de poudres métalliques très-fines, qui paraît avoir pour effet de donner du relief aux portraits sans épaissir les ombres. De bonnes épreuves doivent présenter un reflet rosé très-prononcé.

568. Après une exécution même parfaite des images daguerriennes sur plaqué , il restait un problème important à résoudre , savoir : celui du transport de ces images sur le papier ; car le miroitage métallique est et sera toujours d'un effet désagréable auquel on ne se résignerait pas, si l'on pouvait avoir des gravures en taille -douce sur papier qui fussent la reproduction exacte des images daguerriennes. Le coloriage de celles-ci semble d'un effet médiocre, quel que soit Tart avec lequel il est appliqué ; et si l'on pouvait réussir à fixer les couleurs propres des objets par la seule action de la lumière ^ la nature métallique de la planche nuirait toujours probablement à l'aspect des figures les mieux réussies.

569. On a d'abord appliqué directement le bu- Graynre rin aux images produites par les moyens ordinaires ; ce n'était qu'une sorte de calque exécuté

au burin.

sur

avec soin et précision , et l'on a obtenu ainsi de véiitables planches rentrant dans le système de la gravure raétallique ordinaire, et qui ont fourni des épreuves sur papier d'une assez grande perfection ; on rencontre partout les vues d'une foule de monuments obtenues par ce moyen.

Gravure phy- 570 ]y[ais OU cst parvcnu au résultat d'une ma-

sico-chimique ' * ,

papier, nièrc purement pnysico- chimique, et dans laquelle l'art du graveur n'entre pour rien. Il s'agissait de traiter les images daguerriennes par un agent qui creusât les parties noires sans altérer les parties blanches, ou autrement qui attaquât l'argent en respectant le mercure. C'est ce qu'on réalise au moyen d'un liquide composé d'acides nitrique, nitreux et chlorhydrique , ou par une solution de bi-chlorure de cuivre. Ce liquide étant appliqué à chaud, les parties noires sont seules altérées avec formation de chlorure d'argent. On dissout et on enlève cette couche par un léger lavage à l'ammoniaque , de sorte qu'on peut appliquer de nouveau l'acide qui creuse les traits de plus en plus. En opérant ainsi à plusieurs reprises , on transforme la plaque daguerrienne en une planche à l'eau-forte d'une grande perfection, mais de peu de profondeur. Pour augmenter celleci, et par suite, la vigueur des épreuves, on graisse la plaque avec de Thuile de lin , et on l'essuie à la manière des imprimeurs en tailledouce, ce qui laisse l'huile dans les traits creusés où elle se fige bientôt. Alors on dore la planche par les procédés électro-chimiques; l'or se dépose

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sur toute sa surface, excepté dans les creux occupés par le \ernis d'huile de lin. Le dorage achevé , on enlève l'huile avec la potasse caustique^ qui laisse l'argent à nu dans les sillons , où on peut l'attaquer par un agent qui irait pas d'action sur l'or. L'acide nitrique pur est dans ce cas ; par son moyen, l'on creusera autant qu'on le voudra les traits qui devront recevoir l'encre de la gravure. On a donc une planche complète avec laquelle on peut tirer un certain nombre d'épreuves.

Cependant l'argent étant un métal assez mou , le nombre des épreuves serait fort limité par l'altération rapide de la planche ; mais il existe un moven très-simple de soustraire la planche ellemême à la détérioration qu'entraîne le travail de la presse, en lui substituant une autre planche qui remplit ses fonctions et subit à sa place les altérations qui en dérivent. Avant de la livrer à l'ouvrier qui tire les épreuves, on la cuivre sur toute sa surface par les procédés galvano- plastiques; et c'est la couche de cuivre qui se moule sur elle et reproduit en creux ses empreintes, qui supporte l'usure résultant du travail. Quand cette couche est notablement altérée, on la dissout avec un acide faible qui n'agit pas sur l'argent, et dès lors on peut la cuivrer de nouveau , et en tirer de nouvelles épreuves. Il semble même que cette opération pouvant se répéter à peu près indéfiniment, le tirage des épreuves sur papier est luimême indéfini.

Ce transport des images daguerriennes sur pa-

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pier clôt la série de recherches par lesquelles il fallait passer pour faire de la lumière un dessina* teur complètement soumis aux ordres de l'homme. Il ne s'agit plus que de perfectionner les détails des diverses parties de la manipulation ; et peutêtre l'art devra-t-il de nouveaux et notables perfectionnements à la théorie , si l'on parvient à déchirer entièrement le voile qui cache encore en partie le secret de ces importants phénomènes.

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