‹ La physique moderne: études historiques et philosophiquesChapitre 86 sur 108 · PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

PSYCHIQUES

Les phénomènes duson,de la chaleur, delà lumière, lorsqu'on les envisage à la fois dans leur nature propre et dans la connaissance que l'homme en acquiert supposent: 1^ la matière en mouvement ; 2^ la présence d'êtres capables de sentir et de percevoir ; 3^ l'harmonie selon des lois fixes des faits matériels et des faits spirituels. Le mouvement une fois dégagé des impressions qui lui correspondent, on voit éclater la diversité absolue des faits matériels perçus par les sens et des faits psychiques perçus par la conscience. On ne peut plus,commeon le pouvait jadis, concevoir les propriétés pbysi-

qnes des corps comme une transition entre le mécanisme pur et les phénomènes spiritaels.Enleyez les êlres sensibles, Tétat mécanique demeure seal et à jamais.

Dire que c la pensée est un mouvement de la matière > (1) c'est soutenir une thèse absolument désespérée. En e£fet, il s'agit de faire entrer la pensée comme espèce dans le mouvement considéré comme genre. Or, le mouvement ne se spécifie que par sa vitesse et sa direction. On aurait beau retourner ces deux idées dans tous les sens, on n'en fera jamais sortir quelque chose qui soit, je ne dirai pas identique, mais le plus lointainement analogue à la pensée, ou à un fait de conscience quelconque. Des travaux récents risquent de créera cet égard une illusion facile à prévenir. Des savants contemporains calculent la vitesse et la direction des mouvements corporels qui répondent aux phénomènes psychiques. On pourra peut-être déterminer avec exactitude le temps nécessaire pour qu'une impression externe soit perçue au moyen du travail centripète du système nerveux, et pour qu'un sentiment ou une volonté se traduisent au dehors au moyen dn travail centrifuge du même système. Ces recherches sont intéressantes ; mais il faut se rendre compte de leur résultat possible. Elles donneront une précision nouvelle à la théorie des rapports du physique et du moral, mais sans atténuer en rien la distinction de ces deux éléments. Après toutes les observations et tous les calculs, il sera toujours inconcevable qu'un déplacement de molécules, ou une ondulation, ou une vibration, ou un phénomène mécanique quelconque soit, non pas la condition de la pensée, mais la pensée elle-même. L'identité des phénomènes corporels et des phénomènes spirituels est une affirmation qui doit être reléguée au rang des hypothèses impossibles (2).

1. Moleschott, La circulation de la vie, tome II, pages 178 et 179.

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