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t30 LA PHYSIQUE ET LA MORALE.
yeraent. Cette identité de la force et du mouvement a été affirmée par plusieurs savants contemporains. M. Beaunis, par exemple, dit que la première des lois générales du mouvement est que t tout mouvement a pour antécédent € un mouvement. (1) » M. de Candolle affirme, sur la foi des physiciens, que « tout mouvement a pour cause un f mouvement antérieur • (2). Si cela est admis, si toute force est un mouvement, Tobjection faite à la thèse que j^ai soutenue est irréfutable. Lorsqu'on conçoit Je commencement absolu d'un mouvement, il est bien clair que, la quantité étant la même, la direction peut être différente ; mais la science expérimentale n'a jamais à prendre en considération un commencement absolu. La volonté humaine intervient dans un système déterminé. Si elle modifie la direction du mouvement, elle agit comme force ; et si toute force est un mouvement, elle ne peut intervenir sans modifier la quantité du mouvement universel. La question est donc de savoir si on a le droit d'identifier la force et le mouvement. Or cette identification n'est nullement justifiée; elle est au contraire formellement démentie par une juste interprétation des phénomènes. C'est ici le point capital du débat.
Qu'est-ce qu'une force? « Une cause de mouvement ou de € modification du mouvement. (3) » Les progrès de l'astronomie tendent à établir que tous les astres du ciel se meuvent. On a renoncé depuis longtemps à considérer la terre comme le centre immobile de l'univers ; et maintenant on admet que le soleil lui-même se déplace relativement aux étoiles, avec son cortège de planètes . En même temps, la physique nous apprend à considérer les corps immobiles en apparence comme étant le théâtre de mouvements molécu-