CHAPITRE X* L'avenir de la Physique
Il serait sans doute fort téméraire, et certainement très prétentieux, de chercher a prédire l'avenir qui peut être réservé à la physique : jouer le rôle d'un devin n'est pas faire œuvre scientifique, et les prévisions les mieux établies aujourd'hui peuvent être bousculées par la réalité de demain.
Néanmoins, le physicien ne recule pas devant une extrapolation peu étendue qui ne s'éloigne pas trop de l'expérience; la connaissance de l'évolution accomplie en ces dernière? années autorise quelques suppositions sur le sens dans lequel le progrès va se poursuivre.
Le lecteur, qui aura bien voulu nous accompagner dans la rapide excursion que nous venons de faire à travers le domaine de la science de la nature, rapportera sans doute de ce court voyage cette impression générale que les anciens cadres où les traités classiques se plaisent encore à enfermer les divers chapitres de la physique éclatent de toutes parts.
Ces belles routes droites, tracées par les Maîtres du siècle dernier, élargies, aplanies, par l'œuvre de lant de travailleurs sont maintenant réunies par une foule de petits sentiers qui sillonnent le champ •le la physique. Ce n'est pas seulement parce qu'ils »arcourent des régions encore mal explorées, où les découvertes sont plus abondantes et plus faciles jue ces chemins de traverse sont si fréquentés, mais encore parce qu'un espoir supérieur guide les chercheurs qui s'engagent dans ces voies nouvelles.
Malgré les insuccès répétés auxquels ont abouti les nombreuses tentatives faites dans le passé, on oe renonce pas à l'idée de conquérir un jour un principe suprême qui commanderait la physique entière.
Quelques physiciens pensent sans doute qu'une telle synthèse est irréalisable et que la nature est complexe, infiniment, mais, malgré les réserves qu'ils peuvent faire, au point de vue philosophique, sur la légitimité du procédé, ils n'hésitent pas à construire des hypothèses générales qui, à défaut d'une satisfaction d'esprit complète, leur fournissent, du moins, un moyen fort commode de grouper un nombre immense de faits jusque là épars.
Leur erreur, si erreur il y a, est bienfaisante, elle est de celles queKant eut rangées parmi les illusions fécondes qui engendrent le progrès indéfini de la science et qui conduisent à de grandes et importantes coordinations.
C'est naturellement par l'étude des relations qui existent entre des phénomènes en apparence d'or« dre très divers que l'on peut espérer atteindre le but et ainsi se justifie l'intérêt particulier qui s'attache aux recherches poursuivies dans les régions