CHAPITRE PREMIER
COUP d'œIL sur l'évolution des ouvrages DE BOTANIQUE.
Lorsqu'on examine des livres de botanique d'une même époque, la forme en est assez semblable, et les différences qu'on remarque tiennent surtout à la capacité relative des auteurs. Il en est autrement si l'on fait une comparaison de siècle en siècle, ou même de demisiècle en demi-siècle. On remarque alors des procédés de description ou de rédaction qui se sont introduits peu à peu, en même temps que d'autres étaient abandonnés. Certaines innovations n'ont pas eu de succès ou leur succès n'a pas duré, tandis que d'autres prenaient une
importance extraordinaire. En définitive, on trouve qu'il s'opère un progrès général, par Feffet d'innovations et de sélections successives. La théorie de Darwin pour les espèces s'applique, dans ce cas, plus certainement que dans les faits de l'ordre social par exemple, attendu que personne n'a intérêt à se servir de mauvais ouvrages, tandis que nombre d'individus profitent des mauvaises lois et des mauvais gouvernements. La comparaison incessante des auteurs amène un progrès. Il est donc essentiel de comprendre dans quelle direction les changements s'opèrent. C'est l'indice de ce qu'il faut recommander ou déconseiller, en vue de l'avenir.
Si l'on considère la série des livres de botanique d'une manière tout à fait générale, depuis les temps les plus anciens, on constate deux périodes très prolongées. Pendant la première, les faits observés s'accumulent sans beaucoup d'ordre et surtout sans qu'on se donne la peine de les vérifier; pendant la seconde, on s'efforce de plus en plus de les classer et de les vérifier à mesure que la science s'enrichit. Les anciens n'ont pas vu la fin de la première période. Autant qu'on peut juger de leurs ouvrages d'après le petit nombre de ceux qui ont été conservés, la confusion et l'incertitude des faits ont augmenté chez eux à mesure qu'on découvrait ou qu'on croyait découvrir de nouveaux détails. Pline est plus crédule et plus confus que Théophraste. Le mal s'est prolongé et même il a plutôt augmenté pendant le moyen âge. Les assertions douteuses des Grecs, conservées alors en partie par les Arabes, ou remises au jour par la renaissance, se sont accrues de légendes plus ou moins ridicules, acceptées à peu près sans examen. La nécessité de l'exactitude ne s'est imposée