‹ La phytographie; ou, L'art de décrire les végétaux considérés sous différents points de vueChapitre 17 sur 82 · ÉVOLUTION DES OUVRAGES DE BOTANIQUE S · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES OUVRAGES DE BOTANIQUE S

que dans le milieu du xvi® siècle. Cesalpino, né en 1519, c'est-à-dire quarante-cinq ans avant Galilée, marque pour les naturalistes le commencement de la nouvelle période.

Celle-ci, étant mieux connue, présente certains caractères qui sont venus s'ajouter graduellement au désir d'être plus exact.

La source de la précision est de bien observer, mais pour cela les yeux et la volonté ne suffisent pas. La science moderne a donc inventé très vite des procédés de grossissement, qui ont étendu le champ de la vision et donné aux descriptions un degré de plus en plus remarquable d'exactitude. Chaque pas dans ces moyens techniques a amené des découvertes que l'imprimerie et Tart du graVeur ont fait connaître immédiatement.

De l'abondance des faits est venu le besoin de les mieux classer, et d'employer des termes et des noms plus réguliers, soumis à des règles plutôt qu'à des usages ou à des volontés personnelles. A partir du XVI® siècle il s'est opéré un progrès, quelquefois irrégulier, mais en somme toujours dans le même sens, de subordination des faits, d'ordre dans leur exposition, et enfin de précision dans les mots, les noms et les termes. L'ordre ayant produit, dès le xvii® siècle, plus de clarté, Linné l'a encore augmentée par la concision qu'il a introduite. Son style est devenu classique pour les naturalistes, et a permis de conserver l'usage du latin dans les descriptions proprement dites au milieu de la confusion croissante des langues modernes.

Depuis Linné, les besoins d'exactitude, de classement, des caractères ou des groupes, de règles dans la nomenclature et de définitions précises pour les termes n'ont fait que s'accroître. Un des progrès les plus positifs a

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été de soigner les collections, surtout les herbiers, qui sont à la fois des moyens d'observations et de preuves. Les exigences modernes d'exactitude ont conduit les auteurs jusqu'à mentionner s'ils ont vu un échantillon authentique et dans quel herbier ils l'ont vu. La synonymie a des règles précises, qui assurent la loi de priorité des noms et constatent l'histoire bibliographique des groupes. Grâce à cet ensemble d'innovations, les livres de botanique ont été de mieux en mieux rédigés. C'est du moins le sentiment qui résulte de leur emploi quand on ne donne pas trop d'importance aux ouvrages mal faits, dont il existe toujours un certain nombre à chaque époque. Les bons auteurs, de cinquante en cinquante ans, accusent un progrès qui me paraît incontestable (1).

Sachons profiter de cette marche de la science pour apprécier le bien et le mal dans les tendances ou les procédés actuels de description. Les moyens de mieux voir, de mieux constater, de mieux coordonner, de s'exprimer plus nettement et de laisser plus de preuves à l'appui des assertions, voilà ce qui est dans le courant séculaire du développement. L'opposé, c'est-à-dire ce qui embrouille, confond, diminue l'exactitude ou rend les preuves plus difficiles, marche contre l'évolution naturelle. Notre esprit doit se plier à cette idée et s'en servir. C'est par là qu'on devine ou qu'on juge quels changements sont des progrès. J'en donnerai souvent la preuve dans ce qui suit; mais, pour me faire bien comprendre dès à présent, je citerai quelques exemples.

La marche de la botanique depuis trois siècles a été de multiplier les groupes naturels subordonnés les uns

(1) Pour les détails à l'appui de cette assertion , voir à la fin de U première partie le chapitre intitulé Tableau chronologique.

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