‹ La phytographie; ou, L'art de décrire les végétaux considérés sous différents points de vueChapitre 45 sur 82 · DIFFICULTÉS DES NOMS D'ORGANES 19J · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DES NOMS D'ORGANES 19J

les désignalions de cellules modifiées, localisées ou agglomérées, d'inflorescences et de fruits divers.

Le mal s'est accru par une faute : la création de noms nouveaux pour des organes ou états d'organes qui étaient déjà nommés. La loi de priorité , cette loi qui a donné de si excellents résultats pour les noms de groupes , est à peine recommandée et rarement suivie dans les noms d'organes. Vous voyez quelquefois, dans les traités, une indication des noms divers d'un même organe, presque jamais de leurs dates. Beaucoup d'auteurs estiment pouvoir fabriquer un nom nouveau, ou choisir à volonté pamii les anciens, sans règle ni principe. C'est Tanarchie, telle qu'elle régnait dans les noms de groupes avant Tournefort et Linné. L'évolution vers l'ordre, la simplicité et la clarté qui s'est faite depuis longtemps pour les espèces, genres et familles, commence à peine dans la nomenclature des organes. Il y a, sans doute, des botanistes qui répugnent aux noms nouveaux; mais ils ne proscrivent pas ouvertement ceux qu'on invente sans raison, parce qu'ils ne partent pas encore d'un principe généralement admis, comme la priorité.

Entre les deux extrêmes, de la nécessité de noms spéciaux pour certains états des organes et de leur multiplicité indéfinie, les descripteurs sont appelés à prendre un milieu ou terme moyen.

Ce milieu peut être indiqué sous la forme de conseils, dont l'utilité n'est pas douteuse, ni l'application bien difficile :

L — Quand il s'agit d'organes très connus sous des noms vulgaires, adopte^' ces noms, soit en lati^i, soit dans les langues modernes.

C'est le cas des mots radix, cauliSy folium, flos, fruc-

I9i PKEMIÈKE PAKTIK — CIIAIMTKE Xïll

tus, bacca, etc., qui ont tous un équivalent connu dans chaque langue.

Cette simplification éloigne ou fait repousser des noms inutiles, comme caulome, phyllome, etc.

II. — i\> pa^ se figurer qu'un changement dans la inanièi*e de considérer ou de définir un organe motive un changement de nom,

Linné appliquait le mot folium seulement au limbe de la feuille ( Phil, bot,, § 83), ce qui n'a pas empêché, — et avec raison, — d'appliquer ensuite le même terme à l'ensemble du pétiole, des stipules et du limbe. Ceci arrête la création ou l'admission dans les livres d'une foule de noms pour lesquels il a suffi d'énoncer des définitions nouvelles. Dans la nomenclature des groupes on sait, depuis longtemps, restreindre ou étendre les limites d'un genre ou d'une espèce, ou modifier leurs caractères, sans avoir l'idée de leur donner de nouveaux noms.

III. — Changer un nom seulement dans les cas nécessaires, savoir : !•* Quand il est positivement contraire à la vérité; 2** Quand il est déjà employé pour un axiire organe on état d'orga^ne,

IV. — Éviter T emploi de noms spéciaux pour des cas qui se présentent rarement ou se distinguent mnl de formes analogues ou voisines.

Ceci retranche des descriptions ordinaires une centaine au moins de noms d'organes microscopiques, ou de noms d'inflorescences et de fruits qui encombrent les index, les dictionnaires et même plusieurs traités de botanique. Il y a toujours quelque manière, autre que des mots peu connus, pour désigner les formes rares ou obscures. On peut se servir d'un terme général en ajoutant une ou deux épithètes, par exemple :

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