DIFFICULTES DES NOMS D'ORGANES
Fructus siccus indehiscens, au lieu de carcérule. Une périphrase claire est souvent préférable à un terme inusité, qui n'est guère compris (1).
V. — Entre dmx ou plusieurs noms, choisir, non pas le pins agréable ou le j^lus significatif, mais le plus connu, le plus usité, s'il y en a un dont la prédominance soit bien établie dans tous les pays,
VI. — Entre deux ou plusieurs noms également con-nus et usités, choisir le plus ancien.
Cette règle n'est pas difficile à appliquer quand il s'agit d'organes ou modifications d'organes visibles à Tœil nu, parce qu'on trouve leurs noms dans Linné [Pliil. bot.), de CandoUe {Théorie élém,), Lindley [Introd, to botany), et autres ouvrages déjà anciens, sans recourir à l'immense et incommode recueil de Bischoff ( Terminologie), qui n'est pas dans beaucoup de bibliothèques. Pour les organes découverts depuis trente ou quarante ans au moyen du microscope les noms ont été multipliés énormément, et la date de chacun n'est pas aisée à constater. C'est un détail auquel les auteurs de traités et de dictionnaires feraient bien de penser.
VII. — Ne pas tenir compte, en fait d'usage ou d'ancienneté, des noms en langue vulgaire, mais seulement des noms latins ou tirés du grec.
C'est ce qu'on fait pour les noms de groupes. Ainsi,
(i) Cette idée n*a pas été suivie dans certains cas, mais elle Ta été dans d'autres. Ainsi, on a multiplié les noms d'inflorescences et de fruits, mais on n'a pas donné des noms aux différents états (formes, consistance, structure, etc.) des graines, ni des feuilles caulinaires, ni des racines. Après des distinctions très multipliées, il se fait des généralisations, qui entraînent l'abandon de plusieurs noms particuliers. Cela est arrivé pour les fruits, et probablement il en sera de même pour les organes microscopiques. Nous assistons au « feu d'artifîce » d'une trentaine de noms de ces états des cellules; il en restera seulement quelques-uns généraux ou fréquents, qui seront toujours nécessaires.
De Canoolle, La Phylographie. 13
tout botaniste emploie le nom de Riibia tinctorum sans se laisser arrêter par Fancienneté plus grande des noms persans, français, etc. Pour les noms d'organes, l'impossibilité d'introduire des noms tels que Spaltoeffhung, Scheitelzelle, Siebroehren^ dans un texte latin, ou même français, anglais, etc., est évidente. Il faut donc un nom scientifique, c'est-à-dire latin ou grec, et la date de celui-ci méritera seule d'être prise en considération.
VIII . — Ne pas admettre les noms contraires aux susdites régies.
C'est la seule sanction possible ; sans elle les principes ne servent de rien.
En appliquant ces huit règles, la nomenclature des organes ou soi-disant organes se rapprocherait peu à peu de celle des groupes au point de vue de l'ordre. Le défaut d'une classification possible des organes ou de leurs états maintiendra toujours une grande différence, mais au moins on avancerait dans la direction désirable, et cette partie de la science , qui importe beaucoup à la clarté des descriptions, franchirait le pas que Ton a fait faire depuis deux siècles à la nomenclature des autres associations. Il en est temps, puisque chaque perfectionnement du microscope amène un changement d'anciens noms d'organes et une quantité inutile de nouveaux.