‹ La phytographie; ou, L'art de décrire les végétaux considérés sous différents points de vueChapitre 51 sur 82 · OBSERVÉS AU MICROSCOPE · texte numérisé non relu

OBSERVÉS AU MICROSCOPE

Pour les organes visibles à la vue simple ou avec de faibles grossissements on a pris, dès l'origine de Ja science, des habitudes d'observation et de description régulières, qui se sont améliorées peu à peu et ont abouti à la forme, parfaitement méthodique, des ouvrages modernes. Ensuite, après que les descriptions et classifications de formes ont été fort avancées, on a fait des mémoires, des dissertations et émis des théories. C'est bien l'ordre qu'il fallait suivre. On peut en juger par d'autres sciences. Nul n'aurait osé discuter et disserter sur l'histoire, par exemple, s'il n'avait existé auparavant des chroniques établissant les faits. La marche des botanistes descripteurs a été très simple. Après avoir exposé les caractères qu'on voyait sans le secours d'aucun grossissement, ils ont intercalé, d'année en année, ceux qu'on découvrait avec la loupe tenue à la main, et ensuite avec la loupe montée.

Les faits observés au microscope depuis Grew et M alpighi jusqu'au moment actuel ont passé malheureuse-

ment par d'autres phases. Ils ont été en quelque sorle des coups de sonde jetés au hasard. Chaque observateur a cherché dans une plante quelconque ce qu'il a eu l'idée d'examiner. Il a ensuite écrit longuement des dissertations ou des mémoires, plutôt que des descriptions faciles à comparer, quoique l'habitude excellente de donner de nombreuses figures put dispenser de beaucoup de paroles. Cette manière diffuse de rédiger continue, malgré de bons exemples en sens contraire donnés par les cryptogamistes et par quelques anatomistes, doués d'un esprit méthodique.

Les cryptogamistes, en effet, ont très bien su observer au microscope des faits nouveaux d'espèce en espèce, de genre en genre, de manière à compléter les caractères de groupes et à juger de l'importance relative des caractères anatomiques. Les genres, très naturels, de Champignons, Lichens, Mousses, etc, ont été consolidés par les découvertes au microscope, et réciproquement on a mieux discuté celles-ci en s'appuyant sur des faits déjà classés.

Dans la division des Phanérogames et pour les caractères des grandes classes, comme les Cryptogames vasculaires, de bons auteurs ont essayé aussi de donner brièvement et méthodiquement les caractères microscopiques. Link les a même exprimés en latin (1) avec une grande clarté; mais on ne l'a pas imité. Fritsche, dès 1847, a décrit méthodiquement un grand nombre de pollens; Payer, en 1887, les évolutions d'organes floraux dans des espèces appartenant à quelques centaines de genres ; Agardh ^\h>[Theoria System, , etc, 1838), des ovules de plantes de presque toutes les familles, et

(1) Elementa philosophicB botanicœ, in-8. Berolini, \%ii.

quelques travaux analogues se voient dans les Amiales des sciences naturelles et dans les principaux journaux allemands. Il est manifeste aussi que les anatomistes modernes ont fait faire des progrès à la forme des descriptions en même temps qu'ils ajoutaient des découvertes importantes. Pour le prouver, je n'ai qu'à rappeler les ouvrages récents de MM. Sachs et de Bary, comparés à ceux de leurs prédécesseurs de Mohl, Hofmeister, Schacht ou Schleiden. Cependant, si l'on jette un coup d'œil sur les publications du siècle actuel ou même des dix dernières années dans la branche de l'anatomie microscopique, on voit aisément que les dissertations prédominent sur les descriptions régulières. Si vous désirez un renseignement, vous ne devinez pas dans quelle partie d'un mémoire il peut se trouver. De longs écrits n'ont ni tables -ni divisions. Les objets qu'on y mentionne appartiennent à des groupes différents déplantes, et leurs caractères sont donnés sous certains points de vue seulement, sans ordre, surtout sans un ordre identique dans les différents auteurs, ni même en employant toujours des noms d'organes semblables. On est à cent lieues des ouvrages ordinaires de botanique où les feuilles et les pétales, les étamines et les pistils, le pollen et les ovules, sont décrits d'une manière uniforme, comparative .

Chez les micrographes qui ont le plus approché du système linnéen de descriptions le style est encore verbeux. Pour le montrer je n'ai qu'à citer deux anatomistes plus brefs et plus clairs que la riioyenne : Schacht et Payer. J'ai pris quelques passages de leurs publications, au hasard, et les ai traduits en style descriptif linnéen. Trois exemples suffiront, d'autres m'ayant donné les mêmes résultats.

J'ai traduit en latin. Ce n'est pas seulement pour plus

de brièveté, mais aussi parce que des faits nouveaux, d'une nature purement scientifique, auraient dû être dans la seule langue connue de tous les botanistes. Ni Schacht, ni Payer assurément ne pensaient que la formation des stomates et des organes floraux ne pùl intéresser que les Allemands ou les Français. Si quelque chose méritait d'être mis en latin, c'est bien cela.

Schacht, Lehrbuch der Anatomie und Physiologie;

(1856), Theill,p. 27S :

Texje.

« Die SpaltœfTnungen (Stomata) gehoerem der Epidermis, sie enstehen schon sehr frilh wenn dieselbe noch Epithelial-BeschafTenheit besitzt. Innerhalb einer Zelle der Oberhaut bilden sich namlich durch Theilung zwei neue Zellen, die Membran der Mutterzelle wird darauf resorbirt und die beiden Tochterzellen weichen in der Mitte, eine Spalte zwischen sich lassend, aus einander ; nach der Turgescenz der SpaltœffnungzcUen erscheint nun die Spalte bald enger, bald weiter. Aile SpaltœfTnungen der Hœhengewaechse bilden sich auf dièse Weise, sie bestehen desshalb ssemtlich aus zwei Zellen, den so genanntcn Schliefszellen. »

(85 mots, 516 lettres).

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