DES TRADUCTIONS
Les naturalistes ayant abandonné le latin dans tout ce qui n'est pas purement descriptif de genre ou d'espèce, les traductions sont devenues de plus en plus nécessaires. Non seulement elles font connaître les ouvrages écrits dans certaines langues peu connues, mais elles étendent le cercle des lecteurs pour les publications faites dans les langues principales et gagnent du temps aux personnes qui savent ces langues médiocrement. Un livre de botanique traduit en français, en anglais, ou en allemand profite à l'immense majorité des botanistes, car il y a bien peu d'hommes instruits qui ne connaissent deux langues, et en particulier une des langues principales outre la sienne. Ainsi, les traductions de l'allemand en anglais peuvent servir aux Français ou aux Italiens qui savent l'anglais et non l'allemand, de même qu'une traduction de l'anglais en allemand peut servir à des Russes, des Hongrois, etc., qui savent l'allemand et non l'anglais.
Ce serait donc une chose très louable à des Sociétés
OU Académies d'encourager la traduction d'ouvrages scientifiques. Elles n'y pensent guère. Cependant je citerai deux exemples, dignes assurément d'être imités.
En Angleterre, une société qui porte le nom du célèbre botaniste Ray, s'occupe, depuis 1844, de publier ou faire publier des traductions d'ouvrages sur l'histoire naturelle ou des éditions d'ouvrages importants qu'on a de la peine à se procurer. Grâce à une cotisation annuelle d'une guinée (26 fr.), cette société a réimprimé les œuvres de Robert Brown et publié des traductions d'ouvrages importants, tels que ceux de Gaertner fils sur les hybrides végétaux, Alex. Braun Verjungnng. Hofmeister, germination et fructification des Cryptogames supérieures, etc. , sans parler d'ouvrages encore plus nombreux sur la zoologie. Les souscripteurs reçoivent ce que la société publie et chaque ouvrage est mis en vente à des conditions modérées.
Les Archives néerlandaises des sciefices exactes et naturelles^ fondées et soutenues par la Société hollandaise des sciences à Harlem, se composent de mémoires originaux en français, ou traduits du hollandais dans cette langue. Cette collection intéressante, commencée en 1866, comprend déjà quatorze volumes in-8°.
Les Académies ou Sociétés, en donnant des prix à de bonnes traductions, obtiendraient plus de soin dans ce genre d'ouvrages. On a fait des progrès depuis l'époque à laquelle on « accommodait » les publications étrangères au goût du public de son pays ; mais on peut encore se plaindre quelquefois de négligences qu'il serait facile d'éviter. J'indiquerai certaines conditions auxquelles on ne pense pas toujours dans les traductions.
Par exemple, il est bon d'énoncer clairement, inextenso, et dans la langue originale, le titre de l'ouvrage