VALEUR RELATIVE DES DESCRIPTIONS GRAPHIQUES ET ECRITES
Une science est toujours composée de deux choses : l'observation des formes ou phénomènes et les déductions de toute nature qu'on peut en tirer.
Les figures ne peuvent montrer que des formes ou des
(i) Personne ne peut dire si une espèce a commencé par un individu ou un couple. Il y a beaucoup de probabilité pour un commencement par plusieurs individus, puisque les déviations qui se manifestent accidentellement fOUS nos
allégories qui ne sont pas des déductions, tandis que les mots peuvent exprimer successivement les faits et tout ce qu'on en déduit par comparaison et raisonnement. Aucune généralisation ne peut résulter d*une figure: or, les groupes naturels, même les espèces, même les variétés, sont des généralisations. S'il y a cinquante espèces dans un genre, disait Linné (1), il faudrait cinquante planches, et encore quel botaniste saurait bien en tirer les caractères communs ? On pourrait dire de la même manière : s'il y a dix formes dans une espèce, il faudrait dix planches, etc. Mais dans les descriptions, continue Linné, on sépare les caractères communs, ce qui les fait, bien comprendre. Une bonne planche n'a donc pas la valeur d'une bonne description, et si l'on aime beaucoup les figures, c'est qu'il y a peu de descriptions suffisamment exactes et développées , et aussi que la vue d'une planche gagne du temps et évite de la peine. N'oublions pas que l'habileté du descripteur a ses limites, et que, dans certains cas, une figure est nécessaire pour indiquer une forme difficile à expliquer. En somme, les deux procédés se secondent mutuellement et tous deux se développent. Le progrès s'est accusé par la marche historique, comme d'ordinaire. Il y a eu d'abord des figures seules, ensuite des descriptions seules, enfin des figures et des descriptions.
yeux arrivent fréquemment sur plusieurs individus séparés, et que, par exemple, les fleurs doublent après quelques années do culture dans plusieurs localités différentes. Les trèfles à quatre folioles et autres modifications analo^ gués de plantes vivaces, se voient souvent sur plusieurs individus VQisins, qui ne paraissent pas avoir une origine commune rapprochée.
(1) Gênera pldntarum, ratio operis, n. 13.