ANNÉES
1000 avant J.-C. Encyclopédie chinoise comprenant les
plus anciennes descriptions de plantes.
371 avant J.-C. Naissance de Théophraste, auteur des plus anciennes descriptions, faites par les Grecs, qui soient parvenues jusqu'à nous.
1220-1280 après J.-C. Albertus, dit Magnus, né en 1193,
(1) Les personnes qui désirent étudier Thistoire des découvertes en botanique la trouveront exposée, en allemand, dans Sachs : Oeschichte der Botanik, Munchen, 1860, 1 vol. in-8«>. L'ouvrage traite du progrès de toutes les branches de la science (excepté la géographie botanique), au point do vue surtout de la marche des idées.
mort en 1280. La partie botanique de ses manuscrits, publiée avec de savants commentaires par E. Meyer et Jessen (in-8°, Berlin, 1867), montre de louables efforts pour décrire les organes des plantes et des tentatives malheureuses pour expliquer les phénomènes physiologiques. Beaucoup d'autres manuscrits sur la botanique existaient dans le moyen âge et n'ont probablement pas plus d'importance. Voir, pour ceux des bibliothèques anglaises : Pulteney, Esquisses histor. I, p. 28.
1475. Eonrad von Megenberg publie le premier ouvrage de botanique ayant des planches. Elles sont gravées sur bois. Voyez : Ghoulant, Die Anfange ^ etc. ; E. Meyer, Oeschichte der Bot.j IV, p. 198 et 278^ et pour le commerce des planches sur bois, dans les temps qui suivent : Pulteney, Esquisses bot., I, p. 163.
1483. Première édition imprimée de Théophraste (trad. en latin). La première de Dioscorides (en grec) est de 1499.
1530-1600. Les botanistes abandonnent peu à peu l'usage de commenter les anciens pour la vraie méthode scientifique de décrire les plantes elles-mêmes. Brunfels, Dodoens, de Lobel, de TEscluse, Gesner, se distinguent sous ce rapport, mais ne sont pas les seuls.
1533. Buonafede, à Padoue, et Ghini, à Bologne (1534) sont les premiers professeurs de botanique attachés à des universités (E. Meyer, Gesch. der Bot. IV, p. 256). Ghini enseigna ensuite à Pise. Il eut parmi ses disciples Cesalpino.
1539. Brunfels [Herbarium, etc., in-fol.) désigne presque
toujours les espèces par deux noms, un générique et un spécifique (p. 22, 23, etc.), comme : Plantago major, PI. minor; Helleborus niger, H. albus, etc. Avant lui on se contentait ordinairement d'un seul nom. La désignation par deux noms prédomine dans Fuchsius (1542), Tragus (1582), Mathiole (1870). Le nom générique était seul quand on ne connaissait qu'une espèce. Plus tard on a donné deux épithètes, puis trois, etc., à mesure que le nombre des espèces connues augmentait. C'est ce que Linné a changé en 1749.
1545. Fondation, à Padoue, dapremier jardin botanique d'université, et àPise, du second (1847). Hors d'Italie, le premier a été celui de Leyde, en 1577 (E. Mey. Oesch. der Bot.), où l'on construisit en 1599 une serre tempérée (Deleuze, Ann, du Mus. IX, p. 162).
1576. De l'Escluse, soit Clusius, publie le premier ouvrage dans le genre des flores {Rariorum stirpium per Hispanias, etc., 1 vol. in-S», Antwerpia). Après lui Pona a écrit sur les plantes du Monte Baldo (1608) et C. Bauhin sur celles des environs de Bâle (1622). Le nom de Flore a été introduit plus tard. (Voyez la note, p. 250).
1583. Cesalpino attire l'attention sur les fruits, graines et embryons. Sa classification est fondée sur ces organes, mais elle est exposée d'une manière diffuse, que Dumortier {Opt^c. 3) s'est efforcé d'élucider. Il conservait cependant l'ancienne et mauvaise division primaire en arbres, arbustes et herbes. Ses descriptions ne valent pas celles de Clusius et de quelques autres de la même époque.
1586. Premières analyses figurées. — Conrad Gesner
ayant fait faire des dessins soignés, d'après les plantes vivantes et d'après le sec (J. Bauh, De plantis a divis epistole Qesn.y p. 141), une partie en fut publiée par Camerarius [Epit, Math., in-4°). Gesner avait de véritables analyses, soit figures de fruits ou fleurs coupés. J. Bauhin , dans son Historia plant. , ouvrage préparé longtemps avant la publication faite en 1680, en donne un grand nombre. (Sur le sort des dessins de Gesner, voyez Pulteney, Esquisses histor. de la Bot.^I, p. 167 de la trad. franc.)
1587. Conrad Gesner publie le premier recueil de plan-
tes arrangées suivant Tépoque de leur feuillaison, floraison et fructification. {De stirpium collectione^ in-12. Zurich, 1587, p. 116-147)
1613-. Besler, Hortus Eystettensis ^ 2 vol. in-fol., est le premier ouvrage à planches in-folio. On ne sait s'il faut appeler cela un progrès, puisque des planches moins grandes suffisent et sont mieux à la portée de tout le monde.
1648-1658. Descriptions et figures importantes d'espèces exotiques, faites dans le pays même, sur la vue des plantes : Piso et Marcgraf, B^ist. nat. Brasil. in-fol. Amsterdam, 1648 ; Rheede,^(9r^. Malab. 12 vol. in-fol. Amsterdam, 1658-1703 ; suivis de Hernandez, Nov. Hisp. 1661 ; Rumphius, Amb. 1750; Plumier, etc. La valeur scientifique de ces ouvrages est singulièrement diminuée par la rareté ou l'absence des échantillons desséchés pouvant servir de preuve ou d'explication.
1650. Jean Bauhin [Historia plant, 3 vol. in-fol.) suit
dans les descriptions un ordre régulier : tige, feuilles, fleurs, fruits. Cet ouvrage avait pourtant été rédigé dans le siècle précédent, lorsqu'on se piquait peu de suivre un ordre quelconque. C'est le résumé le plus complet de l'ancienne botanique. Il renferme 3,547 figures sur bois (Lovel, dans Pulteney, esquisses bot. I, p. 190).
1672-1687. Le microscope ayant été inventé, Grew et Malpighi en font usage, séparément et simultanément, pour étudier la structure intime des végétaux. Leurs mémoires et ouvrages, communiqués à la Société royale de Londres, ont paru de 1673 à 1687. — Malpighi, Anaiome, en 1675, décrit l'évolution de feuilles naissantes (pi. 11-14), et d'ovules (pi. 35 et suivantes); Grew (pi. 81 et 82) des évolutions d'ovules et graines (1).
1672-1680. Morison {Plant, hist.) présente des groupes naturels sous la forme de tableaux. Cette forme est suivie par Ray [Hist.) qui la perfectionne et fait ressortir le premier, comme base de la classification, la différence des Dicotylédones et Monocotylédones (I, p. 26 au bas, et p. 59), qu'on connaissait depuis longtemps. Le mode d'exposition par tableaux a été continué par Magnol (1689) et Adanson (1763).
1689. Magnol (Prodromus) introduit l'expression de Familles et montre un sentiment vrai des asso-
(i) On Yoit à quel point Payer se trompait en disant, au début de son Traite d*Organograhie comparée de la fleur, en 1857 : « L'organogénie végétale, c'est-à-dire l'étude des diverses phases par lesquelles passe un organe d'une plante avant d'arriver à son entier développement, est une science toute nouvelle et toute française. M. Mirbel, mon maître, en est le créateur. >
dations naturelles. D abandonne Tancienne division en arbres, arbustes et herbes qui persistait encore de son temps.
1694. Tournefort, élève de Magnol, constitue les genres sous leur forme actuelle. Il donne, à Tappui des caractères, une série de 451 planches d'analyses {Elém, de bot. 3 vol. in-S®, 1694 ; Insiitutiones, 3 vol. in-4**, 1719, où sont les premières planches, portées au nombre de 489).
1727. Haies décrit une série d'expériences, origine de
la Physique végétale {Vegetable statiks^ in-8°).
1728. Micheli (P. Ant.) emploie le microscope pour ob-
server, décrire et figurer les caractères de plusieurs Cryptogames.
1737. Linné abrège les descriptions, en supprimant les verbes, et leur donne une forinè tout à fait régulière. Il part du principe d'employer le moins de mots possible, et de préférence les plus connus [Cren, plant. ^ éd. 1, ratio operiSj 25 et 26). Il a soin d'indiquer par des signes, dans son Gênera^ s'il a décrit un genre d'après le vif ou sur le sec {ibid. 24), et dans son jSpecies^ il dit quand il n'a pas vu une espèce {jSpec. plant. , 1753, préface). De Lamarck, en 1783, a employé dans le même but les abréviations v. v. et V. s., tandis que des auteurs subséquents d'ouvrages généraux, tels que Persoon, Rœmer et Schultess ne l'ont pas fait.
1749. Linné {Pan suecus^ dans Amœn. acad.^ II, p. 236) adopte, comme règle constante, la nomenclature binominale usitée dans certains cas au XVI® siècle. De ces noms, qu'il appelle nomina trivialia, il dit modestement {PAU. bot.^ éd. 2,
n. 287) : erani antecessorum (1). Mais Linné les adoptait uniformément , systématiquement , comme chose distincte des phrases caractéristiques, appelées encore par lui Tuymina specifica. C'est le plus grand service qu'il ait rendu à l'histoire naturelle.
1751. Linné publie la première édition du PMlosopAia botanica. Jamais traité de botanique n^avait eu un si grand mérite et aucun n'a influé d'une manière aussi puissante sur le fond et la forme des ouvrages subséquents. La moitié du volume roule sur des questions de nomenclature et de phytographie, résolues ordinairement d'une manière qui était aussi nouvelle que judicieuse.
1784. Galandrini (dans Bonnet, Rech. sur les feuilles, préface p. v, et Mém. III, p. 166), applique le premier des considérations de géométrie à la disposition des feuilles.
1761. Koelreuter décrit l'action des insectes dans la fécondation de quelques plantes (2). Conrad Sprengel (1793, Dos entdecJUe Gekeimniss) ajoute d'autres exemples et donne des figures à l'appui. C'est l'origine des travaux si importants de Darwin, Delpino, Hildebrand, Kerner, etc., etc., dans le siècle actuel.
1778. De Lamarck {Flore franc. ^ éd. 1, 3 vol. in-8^) imagine la méthode dichotomique , soit de questions successives, pour arriver facilement aux noms des plantes de France. Cette méthode, reproduite au commencement de la 3* édition,
(1) Voyez ci-dessus, année 1539.
(2) N'ayant pas vu Touvrage, je cite d'après Sachs, G-esch. de Bot, p. 441.
par De CandoUe, a été cause que beaucoup de jeunes gens de mérite ont pris goût à la botanique et sont devenus de bons botanistes.
1779. Ingen-Housz commence la chimie végétale {Experiments^ etc.), suivie par Senebier, et portée, en 1804, à une perfection de méthode remarquable par Théodore de Saussure {Rech. cMm. sur la végét,^ în-8°).
1787. Ehrhart (Frid.) publie les premières collections de plantes sèches : Arbores, frutices^ suffru- Hces, 14 fasc. in-fol. Hannover.
1788-1791. Gaertner (Jos.) donne l'exemple d'une monographie fort étendue d'organes {De fmctïbus et seminièus^ 2 vol. in-4°, 150 pL, avec supplément, par Gaertner fils).
1789. Antoine-Laurent de Jussieu, suivant les traces de son oncle Bernard, montre dans son Qenera plantarum : i"" que tous les genres peuvent être rapportés à des familles; 2** que les familles peuvent être l'objet d'une description, analogue à celle d'un genre, mais reposant sur des caractères plus importants; 3® que les genres alors connus pouvaient être mieux décrits, en ajoutant, par exemple, les caractères de végétation à ceux dé la fleur et du fruit, ce que Linné n'avait pas fait.
1792. Giseke {Linnai Prœlectiones in Ordines nainraies) publie, d'après les idées de Lijiné, une carte emblématique des affinités des familles, analogue aux cartes de géographie. Plusieurs auteurs l'ont imité (Voir ci-dessus, p. 323).
1802. Augustin Pyramus de Candolle commence par
la Flore française (1) une série de publications {Théorie élémentaire^ éd. 1, 1813; Systerna, 1818 ; Prodromus, etc.), les unes théoriques, les autres descriptives, dont le résultat a été le triomphe définitif de la méthode naturelle, et son emploi habituel dans les Flores à partir de 1828-30. De là des descriptions mieux coordonnées et des recherches plus complètes qu'à Tépoque où il suffisait de voir les étamines et les pistils pour classer une plante.
1814. Robert Brown (Gen, remarks) introduit la méthode numérique, soit statistique, en calculant les proportions de classes et familles par régions. Al. de Humboldt l'emploie immédiatement [Proleg,, 181S), mais l'idée de tenir compte des surfaces est venue seulement en 1885.
1814. Les monstruosités ayant été décrites cà et là depuis l'origine de la science, George-Frédéric Jseger les réunit et les classe dans le premier traité de Tératologie végétale qui ait paru [Uel, die Missbild. der GewœcAse^ in-8**, Stuttgard). En 1817, Hopkirk publie son Flora anomoia (in-8°). L'un et l'autre décrivent les monstruosités organe par organe. Moquin-Tandon [Tératologie^ 1841) les classe par catégories morphologiques et physiologiques.
1818. De CandoUe (A. -P.) fait plusieurs innovations dans ses descriptions du Regni vegetàbilis systema naturale^ in-8°, vol. 1, 1818, II, 1821), continué par le Prodromus.
(1) La véritable date de la Flore Française est 1802; mais le libraire a vendu beaucoup d'exemplaires avec un titre portant 1815, qui est la date du supplément ou 6« volume.
II associe les familles naturelles, en Cohortes, dont il donne les caractères.
Il groupe soigneusement les espèces dans leurs genres, par sections, etc., en employant surtout les vues de la méthode naturelle. En général, il multiplie les degrés de la hiérarchie des groupes, de manière à représenter mieux les affinités et l'importance des caractères.
Ayant recherché les plantes décrites par les auteurs, ayant même fait des voyages dans ce but, il a eu l'idée de noter par un signe (!) les échantillons originaux qu'il avait vus, et il a indiqué souvent l'herbier dans lequel il les avait observés.
Enfin, il applique rigoureusement la loi de priorité des noms, que Linné {PMI. 243) avait recommandée, sans la suivre toujours, et qu'on négligeait alors communément.
1818-1820. L'emploi de la loupe montée commence à se répandre et permet de disséquer avec les deux mains, par conséquent, avec beaucoup plus d'exactitude. Kunth paraît avoir été un des premiers botanistes qui en aient fait usage, et cela explique la perfection de ses analyses faites sur des échantillons, souvent mauvais, que Humboldt et Bonpland avaient rapportés. J'ai lieu de croire que les premières loupes montées venaient d'Angleterre. L'emploi s'en est répandu lentement, d'où il est résulté une grande différence dans les analyses des auteurs pendant la période de 1815 à 1840.
1820. Le comte de Sternberg publie le premier ouvrage spécial et important sur les végétaux fossiles
(1 vol. în-foL, Prague). Adolphe Brongniart prélude par des opuscules (1821-22), à son Histoire des végétaux fossiles (in-4<», 1828-37). 1819. Turpin publie les premiers diagrammes, soit plans figuratifs de fleurs (Mém. du Muséum, vol. V, pi. 30, 31). Ce procédé, employé souvent par de CandoUe (Mém. du Mus. , v. VI, et ailleurs) a pris ensuite une très grande importance (Lemaout et Decaisne, Traité de botanique ; Eichler, Blûthendiagramme, etc.).
1822. Schouw [Grundtraek Plante-geo graphie, traduit
en allemand en 1823) rédige le premier ouvrage général de Géographie botanique, après les observations détachées ou mémoires sur des points spéciaux de Linné, Gmelin [FI. sibir.)^ de Candolle {FI. fr. et Mém. d'Arcueil\ Humboldt, Rob. Brown et Wahlenberg.
1823. Amici perfectionne le microscope et emploie la
caméra lucida [Osserv. microsc, Modène). On fabrique en même temps de bons micromètres. Adolphe Brongniart profite, un des premiers, de ces moyens perfectionnés d'observation, et fait de grandes découvertes sur le pollen et la fécondation {Ann. se. nat.^ 1827), et sur le tissu intérieur des feuilles {ibid., 1830). Depuis ce temps des améliorations incessantes aux microscopes, à la manière de préparer les objets, de les modifier chimiquement et de les dessiner, ont imprimé une marche rapide au progrès des découvertes, surtout dans les divisions de Tanatomie et de la Cryptogamie.
1823-1830. Plusieurs botanistes reviennent de pays lointains avec de grandes collections de plantes
sèches, qui deviennent des types et des moyens de preuves par le moyen de distributions faites assez en grand, quelquefois avec des numéros. Burchell, en 1820, a été peut-être le premier qui ait distribué des échantillons numérotés. De CandoUe les cite dans le Prodromus, La distribution des plantes indiennes, commencée par Wallich, en 1830, a fait époque sous ce point de vue, et les collections numérotées ont pris d'année en année plus d'importance.
1823-1828. A la suite de ces voyages commencent des descriptions de plantes exotiques plus étendues et plus parfaites que précédemment, appuyées sur de nombreux échantillons. De Martius [De Palmis; Nova gen. et sp. plant, irasil.; Flora brasil.^ qui se continue maintenant), et Blume [Flora Java y Rumphia)^ se distinguent sous ce rapport.
1828. D'Urville invente un procédé exact pour exprimer le degré de fréquence des espèces dans une région [Flore des Malouines).
1837. Decaisne donne l'exemple, trop peu suivi jusqu'à présent, de décrire une espèce phanérogame dans toutes ses parties intérieures et extérieures, microscopiques ou autres [Recherches anat. et physioh sur la Garance^ in-4°, 10 pi.).
1840-1846. Le ProdromîcSj comprenant alors plus de la moitié des espèces connues, est suivi généralement pour l'ordre des familles, d'où il résulte plus d'uniformité dans les ouvrages et une grande facilité dans les comparaisons ou consultations de flores, etc. MM. Bentham et Hooker ayant adopté le même ordre, qu'ils continuent au delà
du ProdromuSj on peut croire que pendant longtemps cet ordre linéaire, aussi bon que beaucoup d'autres, sera suivi comme étant le plus connu. 1841. Vaucher (P.) publie un ouvrage sur un plan nouveau, qui consiste à décrire les phénomènes de physiologie espèce par espèce, genre par genre, famille par famille, en observant les plantes vivantes [Histoire physiol. des plantes d'Europe^ ht vol. in-8**). Il avait commencé ce travail avant 1803 (voir Histoire des Conferves^ introd., p. xv), et l'a repris à un âge avancé. On s'explique ainsi pourquoi certaines parties, notamment les phénomènes de fécondation, ne sont pas traitées conformément à ce qu'on savait en 1841, mais cette infériorité n'est pas une raison pour oublier le mérite du plan et l'excellence de certaines observations sur les directions, déhiscences, disséminations, etc., comparées d'un groupe à l'autre.
1844. Une société se fonde en Angleterre (-ffâjy Society)
pour publier des ouvrages spéciaux de botanique, et surtout des traductions.
1845. Environ au milieu du xix® siècle, les direc-
teurs et propriétaires de grands herbiers, surtout en Allemagne, commencent à prêter des plantes aux botanistes qui s'occupent spécialement d'un sujet. Il en résulte de meilleurs travaux et plus de régularité et d'exactitude dans la nomenclature des espèces de diverses collections. 1847. En publiant ce qu'il a appelé Oybele britannica 4 vol. in-8<», et le Compendium^ Hewett Cottrell Watson a séparé nettement la statistique végétale des flores pourvues de descriptions et des
catalogues réduits à des noms, ce qui permet de décrire les faits de géographie botanique plus distinctement et plus complètement.
1851. Pritzel publie son Thésaurus literatura iotanim, complété, pour les Mémoires, par le Catalogue of scientific papers de la Société royale.
1855. Alph. de Candolle [Géogr. bot. raisonnée^ 2 vol. in-8o) traite de questions alors nouvelles ou peu connues de géographie botanique, comme les migrations et l'origine probable des espèces. Il rattache cette partie de la science à la paléontologie, de sorte que le règne végétal a une Histoire, qu'on commence à étudier.
1859. Charles Darwin publie le premier de ses ouvrages {On the origin of species)^ tous importants au point de vue théorique, et qui exercent une influence indirecte sur les différentes branches de l'histoire naturelle. Ses livres conduisent les naturalistes à observer davantage les variations des espèces et à lier la description des phénomènes physiologiques avec celle des formes, ainsi que les faits de zoologie avec ceux de botanique.
1867. Après avoir décrit et figuré la structure intétérieure de quelques plantes au point de vue anatomique, ou de la distinction des classes et familles, présumée par de trop rares exemples, les botanistes commencent à étudier l'organisation intérieure au point de vue de la distinction des espèces et des groupes d'espèces. Milde a appliqué cette méthode aux Equisétacées en 1867 [Nova Acta Nat. cm. , vol. XXXII), Hegelmeier aux Lemnacées en 1868 [Die Len^
nac., in-4^), et Duval-Jouye, en 1871, a insisté sur l'utilité de ce genre de travaux dans les Phanérogames {Des comparaisons histotaxiques et de leur importance dans Vétvde critiç'ue des espèces végétales y in-4**, 1871; Étude hisUh taxique des Cyperus, dans Bull. soc. bot. Fr., 1874; Eistotaxie des feuilles de Graminées, dans Ann. se. nat., etc.). Ces recherches anatomiques, espèce par espèce, ont été suivies par quelques auteurs, en particulier : Bertrand {Ann, se. nat.^ 1874) pour les Conifères; Poisson {^ouv. Arch. Mus.^ pour les Casuarîna, 1876), Casimir de Candolle^ pour les feuilles dans plusieurs familles de Dicotylédones {Mém. Soc. phys. et hist. nat. de Genève, 1879, vol. XXVI, part. II, et à part.). Les résultats sont de nature à encourager dans T emploi de cette méthode, qui consiste à procéder pour les organes intérieurs comme on Ta fait pour les organes extérieurs depuis trois siècles. Les derniers travaux mentionnés ici ont été faits sur le sec» avec des centaines d'espèces, ce qui montre un vaste champ à parcourir et donne plus d'importance aux herbiers.
1868-1877. Sachs {Lehriuch der Boianikj éd. 1868, suivie de plusieurs autres, et de traductions), et de Bary {Vergleich. Anatomie^ 1877) rendent le service signalé de réunir, classer et discuter une multitude d'observations éparses dans les journaux, mémoires et ouvrages modernes d'anatomie. Il en résultera peut-être une diminution dans la création inutile de noms nouveaux d'organes; cependant l'expérience faite
RESUME CHRONOLOGIQUE 3b3
pour les noms de groupes a montré que cet abus ne peut guère cesser que par l'adoption générale d'une règle, comme la priorité de date.
On peut remarquer dans ce tableau à quel point les bonnes méthodes d'observation et de rédaction se développent lentement. Il s'est écoulé quelquefois un siècle avant qu'un procédé ingénieux et utile ait été fréquemment employé. Les découvertes de faits et les théories marchent vite, en comparaison. Evidemment, les procédés nouveaux se heurtent contre des habitudes, et d'ailleurs, il n'a jamais manqué de botanistes peu soucieux des méthodes d'ordre ou qui se hâtent trop pour se donner la peine de les employer.
J'ai indiqué, dans plusieurs chapitres, des progrès qu'on pourrait et devrait faire maintenant en phytographie. Le principe moteur, pour que ces progrès se fassent, est de ne pas négliger l'étude des meilleurs moyens de classification, nomenclature et description qui ne s'apprennent pas, il faut en convenir, dans les laboratoires.
t)B Candolle, La Phytographie. 23