CHAPITRE XXX
RÉPARTITION ACTUELLE d'uN GRAND NOMBRE d'hERBIERS QUI SERVENT COMME PREUVES OU EXPLICATIONS DES DESCRIP- TIONS PUBLIÉES.
Le chapitre actuel est destiné à fournir de nombreux renseignements sur les collections de plantes sèches qui ont servi à des descriptions originales. Ce sont des herbiers de botanistes ayant publié, ou des séries importantes d'échantillons communiqués par eux, ou des doubles recueillis et distribués par des voyageurs^ ordinairement avec des numéros, ou enfin des exsiccata d'une certaine nature, déterminés par des hommes spéciaux. J'indique la distribution actuelle de diverses collections de cette nature dans un nombre considérable de musées et d'herbiers particuliers, en m'attachant surtout aux herbiers d'auteurs qui ne sont plus vivants, car pour ceux qui vivent encore, il est facile de savoir s'ils possèdent un herbier et, quand ils ont travaillé hors de chez eux, quel herbier ils ont employé ordinairement.
Tout botaniste pourra consulter mes documents avec la plus grande facilité, puisqu'ils sont d'après l'ordre
alphabétique des auteurs. Ainsi, au nom de Roth^ on verra que l'herbier de ce savant est à Oldenbourg ; au nom de Poiret^ que les échantillons originaux de cet auteur sont maintenant chez M. Go^son, à Paris ; au nom de Bertero^ que son herbier est à Turin et que des doubles nombreux de lui sont dans d'autres collections, dont plusieurs sont indiquées; au nom de Rabenhorst^ on trouvera la mention de beaucoup d'herbiers qui contiennent ses exsiccata.
Mes renseignements ont été puisés surtout dans une correspondance que j'ai ouverte avec plus de cent directeurs, conservateurs ou propriétaires de collections. Ces honorables savants ont bien voulu me communiquer des détails, quelquefois très développés, d'pù j'ai extrait ce qui a le plus d'importance au point de vue des vérifications et des preuves de descriptions publiées. Leurs lettres sont réunies en un dossier qui n'est pas le manuscrit le moins curieux de ma bibliothèque, dans laquelle se sont accumulés tant de documents sur l'histoire de la botanique, depuis le commencement du siècle. Elles constituent, en quelque sorte, une statistique des herbiers au moment actuel. M. Asa Gray avait déjà donné des renseignements sur plusieurs herbiers dans V American journal d'octobre à décembre 1840 (1), et bientôt après, en 1845, Lasègue avait publié d autres faits de ce genre à la suite de sa description du musée Delessert (2) ; mais les herbiers se sont beaucoup enrichis depuis trente ou quarante ans, et j'ai obtenu des informations beaucoup plus nombreuses, même sur les parties anciennes des collections.
Pour n'avoir pas à justifier chaque détail, je don- Ci) Article reproduit en 1841 dans Hooker Journ. ofhot,, 3« vol., p. 3o3. (2} Miisée botanique de Benj. Delessert, \ vol. in-8«. Paris, 1845.
nerai en commençant la liste des herbiers sur lesquels j'ai reçu ou rencontré çà et là des documents. On verra par la prédominance de mes informations directes et inédites, à quel point je dois être reconnaissant du concours de mes confrères de tous les pays. Je me flatte, au surplus, que leurs communications n'auront pas été seulement un acte d'obligeance de leur part, mais qu'elles seront utiles à beaucoup de botanistes et feront ressortir quelquefois l'importance de divers herbiers qui ne sont pas connus assez généralement.