‹ La phytographie; ou, L'art de décrire les végétaux considérés sous différents points de vueChapitre 9 sur 82 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

rence uniforme, quoique sans doute très différent d'uneplante à l'autre, puisqu'il produit des effets ex~ trêmement variés. Les divers organes microscopiques qu'on croyait naguère tout différents ne sont aujourd'hui que des cellules modifiées. La fécondation n'est qu'un transport de plasma et ime multiplication de cellules, comme dans les accroissements de toute partie de la plante. Les individus passent dans leur développement par des états analogues à ceux des groupes. La distribution géographique actuelle des végétaux est bien, comme je l'ai dit en 1855^ une conséquence de leur distribution antérieure ; de sorte que la géographie botanique est devenue une dépendance de Thistoire du règne végétal. Enfin, la physiologie est ramenée de plus en plus à des faits physiques ou chimiques, résultant de la nature des organes et des causes extérieures. Élevons-nous plus haut : la physique, la chimie, la mécanique et l'astronomie se rapprochent de plus en plus, et même les sciences sociales empruntent beaucoup d'idées aux sciences physiques et naturelles. La marche vers la simplification et l'unité est générale, quoique les détails observés soient de plus en plus nombreux. Il n'est donc pas surprenant que les méthodes pour décrire et classer les faits se simplifient en même temps et deviennent plus uniformes. C'est d'ailleurs le résultat du procédé, très pratique et très logique, d'imiter dans une branche de la science ou dans une science les méthodes qui ont réussi dans les autres. A ce point de vue je signale de nouveau aux zoologistes le fait que la plupart des questions traitées

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dans la première partie de mon volume existent aussi pour eux, et doivent probablement être résolues de la même manière dans les deux sciences. Les ressources, beaucoup trop limitées, dont j'aurais pu faire usage en fait de livres sur le règne animal, ne me permettaient pas de citer des exemples, mais tout zoologiste qui voudra bien me lire fera des rapprochements et tirera des conclusions. Je m'estimerai heureux s'il en résulte quelque progrès dans une science collatérale à la nôtre et plus importante.

Souvent je me suis appuyé sur la bibliographie et rhistoire de la botanique. Une comparaison des ouvrages d'époques différentes est très instructive, même quand on s'attache à la forme plus qu'au fond. Elle fait comprendre parfaitement ce qui est un progrès dans la manière de décrire.

Gonmie les exemples ont , en général , plus de poids. que les conseils, je cite volontiers les ouvrages propres à servir de modèles dans chaque nature de descriptions. Les botanistes qui n'ont pas la facilité ou le temps de chercher dans les bibliothèques spéciales m'en sauront gré, et plus encore ceux qui sont obligés de recourir aux bibliothèques publiques, dans lesquelles on exige la désignation exacte d'un volume avant de le remettre. J'ai été cependant obligé de me limiter dans les indications de livres. Naturellement, lorsque j'avais à critiquer, j'ai cité de préférence des auteurs qui ne sont plus vivants. C'était moins désagréable, et l'on aime toujours à supposer qu'un auteur vivant corrigera M-môme ses défauts dans des publica-

Dk Cakdollb, la Phytographie, à

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tions subséquentes. Lorsqu'il s'agissait de mentions honorables, — ce qui est heureusement le cas plus fréquent, — j'ai été obligé de recourir à des moyens indirects pour n'avoir pas à citer un nombre immense d'auteurs, morts ou vivantiij. Ainsi, à l'occasion des monographies, je signale seulement celles sur des familles d'une certaine étendue qui sont complètes jusqu'aux espèces. Dans les flores, je cite celles de régions physiques bien définies, lorsqu'elles comprennent à peu près toutes les espèces, avec les renseignements désirables. J'indique, en général, d'excellents ouvrages, pouvant servir de modèles ; mais il ne faudrait pas croire que d'autres, dont il n'est pas fait mention, n'ont pas aussi du mérite. Je prie le lecteur de ne jamais regarder mon silence comme un blâme.

Quelques-uns de mes chapitres s'adressent plus particulièrement aux jeunes botanistes. Les autres à tous les auteurs qui ont senti par expérience la difficulté de bien décrire, de bien rédiger et qui cherchent à améliorer leurs publications à mesure qu'elles se succèdent. Sans doute, le progrès de la science et peut-être, dans un faible degré, l'application de mes conseils rendront inutiles dans quelques années une grande partie de mon volume. Il y a pourtant un chapitre dont on fera longtemps usage : c'est celui sur les herbiers propres à servir de preuve ou d'explication des descriptions publiées. Gomme il n'est pas uniquement de moi, mais plutôt d'un nombre immense de directeurs de musées ou possesseurs d'herbiers , qui ont bien voulu me

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fournir des renseignements, j'ose le recommander sans aucim scrupule. Je ne doute pas que tous les botanistes descripteurs et ceux qui cherchent des noms exacts n'apprécient l'avantage de savoir dans quelles collections se trouvent les herbiers d'auteurs qui ont publié, et certaines séries de plantes récoltées par des voyageurs dont il est souvent question dans les livres et les journaux.

Du reste, la table qui suit me dispense d'entrer dans plus de détails sur la nature de mon travail.

Genève, 30 mars 1880.

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