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FEUQUIÈRES

L'ÉGLISE

L'église de Feuquières appartient à deux époques différentes.

La nef, petite, basse, très remaniée, est en grande partie, construite en silex, principalement au nord. La plupart de ses contreforts ont été détruits; il n'en subsiste que quatre flanquant la façade de l'ouest et les deux murs nord et sud à l’angle de cette façade. Ils sont en pierre, très larges et de faible saillie, amortis en talus et avec un ressaut vers le milieu. Ils présentent une grande analogie avec ceux de

I église de Maisnières que M. lén 1 art date des environs de l'an 1100; on pourrait donc leur donner le meme âge.

Des ouvertures de toutes sortes ont été pratiquées dans les murs de la nef et lui ont fait perdre tout caractère; cependant, au mur nord près du portail, il subsiste une petite fenêtre encore en plein cintre, mais entourée de pierres disposées en harpes et qui peut remonter, mais en partie seulement, à la construction primitive. En face de cette fenêtre, au côté opposé, il s'en trouve encore une qui paraît être ancienne quoique le sommet en ait été rétabli en tiers point. Les profonds ébrasements que ces deux fenêtres présentent à l'intérieur viennent encore corroborer la raison de les croire anciennes.

Le clocher, carré, en pierres blanches, surmonté d'une flèche en ardoises et dépourvu de tout caractère est construit en œuvre à l'ouest et dans l'axe du monument.

II doit remonter au plus tard au xvie siècle, et peut être même beaucoup moins loin si c'est à sa construction, et non à une réfection partielle, soit de la tour, soit de la flèche, que s’applique une note trouvée au presbytère et nous apprenant que le clocher, brûlé en 1684, fut reconstruit en 1707 sous le curé Jean Crignon et que la dépense s'éleva à 2923 livres. Sur le côté nord de la tour du clocher se trouve un écusson sculpté complètement fruste, timbré d'une couronne et paraissant avoir pour supports un homme et une licorne.

La partie la plus intéressante de l'église de Feuquières est le chœur, qui mesure intérieurement i3m20 de longueur sur 8ni25 de largeur et qui atteint sous voûte une hauteur de i3 mètres. Il est entièrement construit en pierres blanches et appartient à la dernière période du style ogival tertiaire ou flamboyant : si en effet, on examine avec attention les bases des meneaux tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, on remarquera qu'il n'y a plus là la vraie base prismatique, mais celle de la Renaissance,

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nettement arrondie et dérivée sans trop de transformations de la hase antique. Une autre preuve de cette influence de la Renaissance se trouve dans une petite porte latérale bouchée, au mur nord, et dont l'arc est surmonté d’un bandeau horizontal supporté par deux consoles plates avec des têtes d'ornements. Dans les écoinçons sont sculptés des feuillages.

Ce choeur est soutenu par des contreforts très saillants, à plusieurs retraites et amortis en bâticre. Il est éclairé par sept fenêtres, deux de chaque côté aux deux travées droites et trois aux pans coupés de l'abside; leurs archivoltes ont des retours qui se perdent dans les contreforts. Les grandes fenêtres sont divisées en cinq parties par quatre meneaux surmontés de deux rangées de soufflets; celles du pan coupé n'ont que deux meneaux. De tous ces remplages, il n'y a d'anciens que ceux de la première travée et du chevet.

Intérieurement, le chœur est séparé de la nef par un grand arc en tiers point construit en 1 632 ainsi que l'attestent un petit cartouche portant cette date et placé à la partie supérieure ainsi que l'inscription suivante incomplète et dans laquelle un réchampissage mal fait laisse subsister quelques parties incompréhensibles. Elle se trouve du côté du chœur sur deux pierres posées à la naissance de l’arc.

Sur celle de gauche en tournant le dos à l'autel, on lit :

M1" Iacqve Nicolas Gvillam’ Fracois

DEHEDIN M. MASONS.

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