NY • PROLONGER • LINEVITABLE • FORT
Cette inscription, qui n'est malheureusement pas datée, est curieuse au point de vue linguistique ; elle nous montre combien la formation du français était en retard, en Picardie, aux xvie et xvue siècles. On peut la rapprocher des épitaphes de du Bernet à Boulogne ( 1 5g i ) , de Charles des Essarts de Maigneulx à Montreuil (1617), de Jacques Blondel de Joigny à bistrée (i63o), et surtout de Martine Pion à Buires-le-Sec tfin xvic siècle) ; cette dernière inscription, également gravée au couteau sur les murs de l’église, est tout à fait du même genre que celle-ci. Voir aussi l'inscription commémorative de la dédicace de l'église d'Hesdin ( 1 585).
— On accède au clocher par une tourelle d’escalier à vis qui flanque la tour au Nord et contient 48 marches de pierre, très frustes. La seule cloche qui reste est fort belle et grosse ; elle mesure im 27 de diamètre. On y lit la longue inscription suivante en lettres gothiques, chose singulière étant donnée l'époque (1602) :
-j- abrien fc trop eeer 6r be 6arbe roiau,nt (6) fe tirte et be (juvt. — fan mit vtcc et ii jap eu non anne par bamle anne fcc
t f}acî>entiin nicofe batrnacafle bamle be montegaet marie be faetre et be malh be Caetve eirc jefjan fournier prieur oire
f guifl’aume pomar jaeque o6rp et ant f?ne cfwrfee o6rp .
q . . . . 6ourgeoia et be foie 6ourgs 6fanc()e be pontfjieu
f pea6eau be pontÇieu perinne be fa vie (7) . be fa vie
nicofae be fontaine tous inarguefier.
Au-dessus de l’inscription, dernière ligne est mal fondue
un cordon de fleurs de lys. — Une partie et illisible.
Roger RODIÈRE.
de
(x) Vue. (2) Apprends. (3) Ceux. (4) S’exempter. (5) Sort. (6) Royaumont. (7) Delavier, ou Deslaviers.
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SAINT-BLIMONT
L'Egusi: de St-B!imont (i) est presque entièrement moderne. Seule la tour qui s’élève à l’Ouest, au-dessus de la principale entrée, parait dater de la seconde moitié du xvie siècle ou du début du suivant. La décoration assez gracieuse du portail qui s’ouvre dans sa façade occidentale, ainsi que celle de la rosace qui le surmonte, présente en effet, quelques-uns des caractères architecturaux de 1 époque des derniers Valois. Malheureusement, une restauration a profondément modifié tout cet ensemble. (2)
La tour en elle-même est une imposante construction en briques, divisée en quatre parties par trois cordons horizontaux en pierre et toute parsemée de croix aussi en pierre blanche (3), ce qui donne à la construction un aspect plus bizarre que réellement beau.
De puissants contreforts la cantonnent jusqu’aux trois-quarts de sa hauteur. Originairement ils ne s'élevaient pas davantage, mais actuellement, à partir de ce point, ils subissent un retrait et se prolongent jusqu'à la corniche qui passe sous la galerie posée au faîte de l’édifice.
Autrefois, la partie supérieure de la tour présentait, dit-on, une ornementation obtenue au moyen de briques de couleur foncée (4) qui y dessinaient des compartiments hexagonaux ; aujourd’hui on y voit un semis de croix en relief, recouvertes d’un enduit noir. Cet étage est aussi percé sur ses quatre faces d’une fenêtre cintrée munie d’un remplage simple mais élégant.
Une galerie en pierre, crénelée, ajourée et placée sur une corniche dont les consoles ont l’aspect de mâchicoulis, couronne la tour qui se termine par une plateforme. Cette galerie est toute moderne (5) ainsi que les clochetons de ses angles, et que la poivrière plus importante (6) qui surmonte la tourelle octogonale engagée, appliquée contre l’angle Nord-Est de la tour, pour contenir l’escalier par où l’on accède à son sommet.
L’église qui a précédé celle actuellement existante, devait dater du xvi' siècle. On a conservé ses sablières sculptées qui ne sont pas sans mérite ; elles ont été utilisées dans la nouvelle construction. Quelques objets de même origine ont aussi été sauvés, entre autres, des fonts baptismaux en pierre. Ils se composent d’un pied octogonal, orné d’arcatures ogivales sur toutes ses faces, qui soutient une coupe
(1) Conformément ;'i t'usage, on écrit Saint Blimond, quand il s'agit du saint ainsi nommé et Saint - Blimont, lorsqu'il est question du village et de la famille portant ce nom.
(2) Les travaux de restauration furent exécutés en 189/) sous la direction de M Ratier, architecte au Tréport.
(3) Les croix que l'un distingue ne sont pas celles qui existent en réalité, car, pour plus de régularité, toute la tour fut recouverte d'un enduit rouge, sur lequel on a tracé des croix blanches qui ne correspondent pas toujours aux croix primitives. Celles-ci reparaissent sous 1 enduit h. certaines places.
(4) Le silex n’apparait nulle part dans cette construction.
(5) Elle en remplace une autre qui était complètement ruinée et devait avoir originairement un aspect très différent.
(6) Cette poivrière avait primitivement la forme d'une cloche.
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aux armes des familles de St-Blimont (i), de la Chaussée d’Eu (2), et d'une troisième maison que nous n’avons pu identifier.
On y remarque aussi des têtes, sculptées dans des médaillons et un cordon de feuillages qui garnit le bord. Il est vraisemblable que ces fonts furent donnés par Nicolas de St-Blimont, qui vivait en i520 et avait épousé Isabeau de la Chaussée d’Eu. (3)
Une assez belle statue d’évêque, assis sur une chaire et revêtu de tous les insignes épiscopaux, statue malheureusement trop restaurée, est vénérée dans l’église qui nous occupe sous le nom de Saint Blimond. Sur le socle, sont les armes, déjà décrites, de la maison de St-Blimont et un autre écusson de forme losangée. On voit encore sur ce socle des sculptures représentant, d'un côté deux oiseaux qui paraissent nager de conserve sur les flots, — peut-être des alcyons, — et de l'autre, un animal broutant. Le tout appartient au xvie siècle.
Du milieu du siècle précédent, date un joli reliquaire en argent, conservé au presbytère.
Il se compose d'un pied, tracé sur un plan allongé, lobé, redenté et bordé d’un ornement courant estampé qui porte encore des traces de dorure. Ce pied s'élève en forme de pyramide à six faces, jusqu’à un nœud à côtes, sur la partie la plus saillante de chacune desquelles se détache un médaillon circulaire où l’on remarque un quatrefeuilles émaillé en bleu foncé. Ce quatrefeuilles a toutefois été remplacé, dans le médaillon du milieu, par les armes, aussi émaillées, de la famille de St-Blimont, mais leur sautoir engrelé de sable, y a été changé en deux bâtons épineux de même couleur, mis en sautoir.
Après avoir dépassé ce nœud, le pied s'élève encore et vient s’épanouir sous un petit édicule en forme de chapelle rectangulaire. Ses quatre montants qui soutiennent la toiture, alfectent les dispositions de légers contreforts ornés de pinacles à crochets, de gargouilles minuscules et de clochetons. Une crête dorée, composée de feuilles tréflées et très découpées, court à la base et au sommet du toit. Le comble de celui-ci est interrompu en son milieu par une petite tourelle crénélée d'où s’élance un clocher pyramidal à . six faces, dont les arêtes sont pourvues de crochets. Son sommet est amorti par un globe côtelé qui devait jadis soutenir une croix.
Au milieu des deux façades principales du reliquaire, un gable dont les rampants sont ornés extérieurement de crosses végétales et intérieurement d’un feston, simule le pignon d'un transept. Les mots « J> 35ftinor) » (sic) sont écrits en caractères gothiques sur le pied de cette pièce d’orfèvrerie qui renferme un petit ossement du saint. Deux bagues en argent, datant du xvie siècle et peu remarquables, y ont aussi été attachées comme ex-voto (4).
Il ne nous reste plus à signaler maintenant que quelques inscriptions funéraires relatives à plusieurs membres de la famille de St-Blimont, inscriptions presque modernes et conservées soit dans le cimetière, soit dans l’église même.
(1) St-Blimont : d’or au sautoir engrelé de sable. — Cette famille se prétendait issue d’un frère de Saint Blimond qui succéda à Saint Valéry comme abbé du monastère de Leuconaus. — Elle s’éteignit en 1852, en la personne de Marie-Louise-Agnès de St-Blimont, princesse de Berghes-Saint-Winock.
(2) La Chaussée d’Eu : de sable semé de croissants d’or, à trois besants de même posés 2 et r. — Sur les fonts de St-Blimont, les croissants qui devraient être sans nombre sont réduits à trois.
(3) V. Recherches généalogiques, par de la Gorgue-Rosny.
(4) La plus grande partie des reliques de St Blimond est conservée dans l’église qui nous occupe, depuis l’époque de la Révolution. Elles étaient précédemment à St-Valery.