‹ La Picardie historique et monumentale (volume 3)Chapitre 40 sur 79 · BAILLEUL · texte numérisé non relu

BAILLEUL

Au petit village de Bailleul-en-Vimeu, revient l’honneur d’avoir donné son nom au seigneur français qui occupa le trône d’Ecosse de 1292 à 1296. 11 n'est plus permis aujourd'hui d'élever un doute sut ce point d'histoire.

Les historiens d'Ecosse semblent avoir été les premiers à donner au roi Jean de Bailleul une origine normande. I.es auteurs normands se sont ralliés d’enthousiasme à cette opinion, acceptée ensuite par Moréri et l'art de vérifier les dates. C'était sur la lecture et [ interprétation d'une pierre tombale de l'église de Bailleulsur-Eaulne en Normandie, que reposait cette théorie.

(1) Abbé A. Le Sueur. La refonte de la grosse cloche d'Allery en 1727. dans le Bulletin de la Société d’Emulation d'Abbeville, 1904, n° 1. pp. 151-158.

Du Cange, puis le marquis le Ver, avaient déjà revendiqué l'origine picarde du roi d’Ecosse, quand M. de Belleval, reprenant leurs arguments, apporta à l’appui de la même thèse, des documents nouveaux et prouva d une façon péremptoire que Jean de Bailleul tirait son nom du Bailleul picard, (i)

Du château construit dans une belle position défensive, à l’extrémité des hauteurs boisées qui dominent le village, il ne reste aujourd’hui que la motte entourée de fossés profonds.

Un chœur à chevet plat, une nef plus élevée et plus large que le chœur, un bras de transept sur le flanc méridional de l’église, un clocher hors œuvre, tels sont les éléments constitutifs de l’église, monument modeste qui mérite cependant une courte description. La sacristie, qui occupe le bras du transept et qui communique avec le chœur par un grand arc en plein cintre, est le morceau le plus ancien et semble remonter à l’époque romane.

Ses murs ont plus d’un mètre d’épaisseur, tandis que dans les autres parties de l’église, ils sont sensiblement moins épais, et deux petites baies en plein cintre, aujourd'hui murées, restent parfaitement visibles au-dessus des grandes fenêtres percées à une époque moderne. On a récemment monté un pignon droit en briques sur la face méridionale et détruit les contreforts qui épaulaient les angles de celte sacristie.

Le chevet dont deux fenêtres en tiers point éclairaient le pignon droit, est armé à chacun de ses angles de deux contreforts amortis en talus.

Deux fenêtres en tiers point ouvertes dans le mur septentrional du chœur

(i) R. de Belleval : Jean de Bailleul, roi d’Ecosse et sire de Bailleul-en-Vimeu. Paris, Dumoulin. 1866, in-8, 95 pp. — V,e d’Estaintot : La tombe de Jehan de Bailleul, Bailleul-sur-Eaulne. Rouen, Boissel, 1878. in-8 (Extrait du précis des travaux de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, année 1876-77). — F. Mallet : Deux Seigneurs picards, rois d’Ecosse (1292-1356) Abbeville, Paillard, in-8.

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