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ont une moulure torique dégagée entre deux cavets. Les deux dernières fenêtres de la nef présentent une semblable disposition, tandis que les quatre premières ont été agrandies postérieurement. Deux portes latérales donnaient accès dans la nef. Un boudin encadre la porte septentrionale. La clef est ornée d'une petite tête relancée après coup. Cette sculpture qui n'est pas sans mérite, ne paraît pas antérieure au xv“ siècle.
Le clocher dont le rez-de-chaussée voûté d'ogive forme un véritable porche, constitue la partie la plus intéressante de l’église. Sa base est une tour carrée, assez massive et sans contreforts, percée dans l’axe de l’édifice d’une porte en anse de panier, sous un arc de décharge en tiers point. Une petite niche, comme celles qu’on remarque aux clochers de Citernes et d'Hallencourt, surmonte la porte. Ce clocher se termine par une flèche octogonale de pierre ornée de crochets et reliée d'une façon très heureuse au massif carré inférieur, au moyen de deux gables appliqués sur les faces méridionale et septentrionale et de quatre petits pinacles rehaussées d’arcatures en creux qui s’élèvent aux angles de la tour.
On doit rattacher ce clocher aux clochers de pierre de la région, à ceux de Fontaine-sur-Somme, de Longpré, de Cocquerel, de Bourdon, de la Chaussée, de Bouchon. Les deux clochers aujourd’hui détruits de Pont-Remy et de Beauval, appartenaient à la même famille. M. Roux qui a étudié dans le premier volume de la Picardie Historique et Monumentale (pp. 357, 358) les trois clochers de la Chaussée, de Bourdon et de Bouchon, a montré qu’ils appartenaient au xviti0 siècle seulement, et M. Enlart, dans son Manuel d’Archéologie, les a cités comme preuves de la persistance du gothique dans notre région. Le clocher de Bailleul où le passage du carré à l'octogone est très habilement compris, l’emporte sur tous les autres et pourrait être le prototype de ces différentes constructions. 11 appartient au xvi* siècle sinon même au xvc.
L’église de Bailleul possède des fonts baptismaux creusés dans un beau chapiteau à crochets, du xive siècle, et un grand retable Louis XIV en bois sculpté, décoré de quatre colonnes cannelées.
Bailleul. — Fonts Baptismaux.
BELLIFONTAINE
Cachée au milieu des arbres, près du petit ruisseau qui a donné sans doute son nom au village, l’église de Bellifontaine offre quelque analogie avec celle d’Hocquincourt, dont elle semble être, à première vue, le diminutif. A Bellifontaine comme à Hocquincourt, deux portes en anse de panier s'ouvrent, l’une sur la façade, l’autre sur le côté méridional ; dans les deux églises, les clochers sont dans l'axe, carrés et de petite proportion ; dans l'une et l'autre construction, la chapelle seigneuriale donnait sur le chœur, dn côté du Nord (i). Mais là s'arrêtent les ressemblances. Bellifontaine a un chœur voûté en charpente et extérieurement plus élevé que la nef ; un sanctuaire éclairé de trois fenêtres égales ; une fenêtre plus large que les autres et à deux meneaux sur la face méridionale (i) ; un clocher complètement construit en œuvre. Hocquincourt a un chœur voûté en pierre ; un chœur et une nef de même hauteur extérieurement ; une fenêtre plus large que les autres dans l'axe ; des fenêtres régulièrement percées et toutes de même largeur sur le côté méridional ; un clocher porté sur des contreforts et sur la disposition particulière duquel je reviendrai plus loin. Ajoutons qu’à Hocquincourt, tous les contreforts sont amortis en talus, tandis qu’à Bellifontaine quelques uns d’entre eux portent un chaperon arrondi en Bellifontaine. — Fonts Baptismaux. COlltre-COUl'be.
La charpente du chœur de Bellifontaine peut compter au nombre des belles charpentes du pays ; si ses blochets sculptés n ont pas la valeur de ceux de l'église de Cocquerel par exemple, il faut leur reconnaître toutefois quelque mérite. Ces quatre figures présentent les caractères de véritables portraits. Au-dessus du sanctuaire, deux anges soutiennent des armoiries, où se reconnaît le
(1) A Bellifontaine, la chapelle fut démolie, mais le grand arc en tiers point qui la faisait communiquer avec l'église demeure parfaitement visible.
(2) Cette fenêtre est dans l’axe de la chapelle qu’éclairait aussi probablement une fenêtre à double
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accostée de deux étoiles de même.
Sur un morceau de verre on lit la date de 1 56 1 ; du vitrail, il ne reste
malheureusement que cet unique témoin.
Les fonts baptismaux, à huit pans, reposent sur un socle carré auquel ils
se raccordent par des consoles renversées. Chacun des pans comprend une petite
arcature trilobée, gravée en creux sous une arcade en plein cintre. La tablette elle-même prise dans le même bloc de pierre que le socle et le fut, se profile en un bandeau, un boudin, un listel et deux cavets.
Ces fonts qui remontent au xvie siècle et qui présentent un véritable intérêt archéologique, se trouvent aujourd’hui dans le jardin du presbytère de Bailleul où les attend une ruine prochaine.