VIVANT NIN . LA
Enfin, dans le chœur, sous la grille du sanctuaire, pierre blanche tout effacée (1).
(1) J’ai cru devoir relever dans tous ses détails cet inventaire épigraphique de l’église de Saint-Firmin. Après l'incendie, le pavé a été renouvelé et toutes ces épitaphes ont disparu, comme, hélas! dans toutes les églises qu’on repave.
Tout près de l’église de Machy se trouve une vieille ferme, ancien manoir, bâtie entièrement en briques. Elle appartient à M. Pierre de Saint-Victor, gendre du marquis de Partz de Pressy (i).
La façade sur la cour est percée d’une porte surbaissée, à archivolte en briques, et à pieds-droits en partie en grés. Dans le corridor d’entrée, sont pratiquées des meurtrières, deux sur la cour, au-dessus de la porte d’entrée, et une oblique, sur la rue. Leur linteau est orné de plusieurs moulures. Les fenêtres du rez-de-chaussée ont été refaites. L’étage supérieur est éclairé par deux grandes fenêtres surbaissées, et une petite au milieu; à chaque bout existait une autre petite fenêtre, aujourd’hui murée.
(i) La terre de Machy, après avoir appartenu à une famille du nom, (Jean de Machy, dit Desraine, seigneur en partie, 1377), était au xvie siècle la propriété d’Henri Roussel, écuyer, qui fournit relief le 5 juillet 1548; puis de Pierre Blondel, écuyer, sr de Fresnes, gendre et légataire universel de Marie de Glisy, veuve de Henri Roussel; relief du 28 mars 1583. Pierre Blondel la vendit le 22 mars 1584 à François de Soyecourt, et depuis lors. Machy partagea les destinées de la terre de Regniérécluse jusqu'à la veille de la Révolution. En 1789 on trouve comme seigneur
La façade sur la route n’a que des fenêtres refaites; on voit encore les traces de deux grandes baies en plein cintre au rez-de-chaussée, et de deux petites de même forme, au milieu (l une au rez-de-chaussée, l’autre à l’étage). Au centre de cette façade s'accole une tourelle carrée sans ouvertures, si ce n’est quelques archères en croix aujourd’hui murées. Cette tourelle, qui renferme une mûche ou cachette, se termine par un pignon coiffé d’un toit en batière; à la base du pignon règne une corniche en pierre blanche, profilée en talon, surmontée sur les trois faces d’arcatures cintrées portées sur des modillons en quart de rond.
La corniche du corps de logis est en briques saillantes en zigzag. Les soubassements sont en damier de grés et silex. Les deux pignons sont décorés de gradins ou escaliers, de 21 degrés chacun. Il n’y a aucun contrefort; la maison est lézardée en plusieurs endroits. Le toit est vieux, en tuiles; la charpente doit être ancienne.
La porte charretière est effondrée depuis longtemps. On ne voit plus que ses pieds-droits, très frustes; on y reconnaît cependant plusieurs pierres taillées en diamant; une ornementation semblable devait revêtir tout le mur des pieds-droits.
Cette vieille demeure doit remonter à la fin du xvi° siècle. On m'a dit qu'elle portait autrefois la date 1715 (?), mais ce ne peut être que celle d’une restauration.
L’église toute voisine, dédiée à saint Flour, a une nef sans caractère et un chœur très bien bâti du xve siècle, avec chevet à trois pans. Dans ce choeur, on remarque les fenêtres, au nombre de six, toutes en tiers-point géminé, sauf la deuxième au sud qui est plus large et à trois lumières. La plupart de ces fenêtres ont perdu leurs meneaux, mais toutes ont conservé leur remplage; les deux arcs réunissant les meneaux sont partout en contrecourbe, saut pour la fenêtre sud du chevet. Les deux fenêtres de la seconde travée ont encore leur meneau entier. Les remplages des tympans représentent, en commençant par le côté sud : i° un cœur: 20 trois quatrefeuilles; 3° un cœur; 40 (abside) deux soufflets; 5° deux soufflets et un cœur; 6° quatre trèfles aigus. La première travée est aveugle.
Il reste encore trois contreforts dans leur état primitif : de plan carré à la base, ils prennent ensuite la forme d'un éperon et sont ornés de deux pinacles à clochetons; ils se terminent en talus.
La voûte est tombée; il n’en reste que les culs-de-lampe, qui représentent :
Première travée : Au nord, un oiseau becquetant une pomme; au-dessous, une tête de hibou. — Au sud, feuilles de vigne.
Deuxième travée : Nord, un âne et des rinceaux. — Sud, un chien qui se mord la queue; feuilles de chou frisé.
Au chevet : Deux culs-de-lampe à feuillages de vigne et autres; et (pan nord) une grande niche à deux pieds-droits en forme de contreforts à clochetons; dais mutilé à accolade; socle orné d’un oiseau dégorgeant un rameau de vigne.
Notons enfin une statue de <c saint Arneauld », bois, xvnF siècle, tenant une pelle de brasseur.
Pierre Foucques de Tœufles, écuyer. (M“ de Belleval, les Fiefs du Ponthieu, p. 205; Alc. Ledieu, Seigneurs et Fieffés dit comté de Ponthieu ; Bulletin de la Société d' Émulation d' Abbeville , 1898, p. 380). Mais « la salle et lieu seig(neuri)al de Machy » avait été « baillé A cens à Pierre Blondel, escuier, sr de Fresne, avec les honneurs de l’église », et appartenait » à présent (1713) au sr [de| Fontaine- La-Neuville ». (Cartulaire d’Argoules, fol. 104 v°). Charles de Fontaines, chevalier, seigneur de La Neuvillc-au-Bois, capitaine de cavalerie au régiment d'Elbeuf, épousa par contrat du 11 novembre 1653 Marie de Bernes, dame de Vron, Hémencourt et Escault, tille, de Dominique de Bernes et de Françoise de Gargan. De ce mariage naquit François de Fontaines, marié en 1702 à Marguerite de Flahault, d’où Marie-Marguerite de Fontaines, née vers 1705, mariée à Rollepot, le 22 juillet 1 743» 11 Ambroise de Partz de Pressy, marquis d'Esquirres. (B0,‘ de Gargan, Généalogie historique de la maison de Gargan , p. 43).
NAMPONT-SAINT-MARTIN