‹ La Picardie historique et monumentale (volume 4)Chapitre 14 sur 28 · LA CROIX · texte numérisé non relu

LA CROIX

La croix d'Havernas, érigée pour la première lois pendant la seconde moitié du XVII' siècle, doit son originalité aux éléments disparates qui la composent, Fdle comprend en effet : 1° un piédestal formé par des fonts baptismaux de la deuxième moitié du xii' siècle, en pierre de Croissy ou de Bonneleau. qui proviennent sans doute d'une ancienne église de la paroisse. — Ce baptistaire a l'aspect d'un vase arrondi par dessous, maintenu par un cadre rectangulaire orné de dents de scie sur sa tranche, et soutenu, à chaque angle, par un faisceau de trois colonnettes à bases attiques et à chapiteaux constitués par quatre larges feuilles de plantin. sans crochets (3).

2" Une épaisse dalle rectangulaire en pierre meulière qui bouche l'orifice de la cuve,

3" La croix proprement dite.

Le fût de celle-ci pose sur la dalle précitée. Il est en grès de la région et porte la date de 1662. Sa base est cubique, mais sa tige est cylindrique et parsemée

de quelques fleurs de Iis. La croix qui surmonte ce fût ne fait pas corps avec lui, et son croisillon supérieur est aussi rapporté. Elle est d'ailleurs fort simple et porte d'un côté l'image du Christ, sculptée d'une façon absolument enfantine, et de 1 autre, celle de la Vierge, d’une facture aussi naïve; le tout fournit un intéressant spécimen d'art populaire.

Une tradition locale prétend que la croix d'Havernas, actuellement classée parmi les monuments historiques, fut démontée à l'époque de la Révolution et cachée dans une grange. — C'est en iSSy qu’on la dressa de nouveau à l endroit quelle occupe aujourd’hui et qui est vraisemblablement son emplacement primitif, sans qu on puisse toutefois affirmer ce fait. — La hauteur totale de l'œuvre dépasse quelque peu trois mètres.

Havernas. — La Croix.

PERNOIS

L'ÉGLISE

L'église de Pernois. entièrement construite en pierre, serait pourtant, malgré les chapelles foimant transept dont elle est pourvue, un monument bien modeste, si sa nef qui paraît dater du xii' siècle ne la rendait digne d'intérêt.

L'édifice est construit sur un plan qui dessine une croix latine; l'ahside est tracée en hémicycle.

La façade principale, limitée par deux contreforts à glacis, entre lesquels s'ouvre le portail, est surmontée d'un pignon épointé et terminé par une sorte d'encorbellement

moderne, sur lequel s'élève le clocher, simple cube de charpiente supportant une petite pyramide, le tout revêtu d'ardoises.

Le portail, — pratiqué dans une muraille légèrement en saillie sur le nu de la paroi du pignon, avec lequel elle est reliée par un glacis. — est amorti en arc surbaissé et encadré dans une arcade en plein cintre qui se compose d'un tore compris entre deux moulures secondaires. Une archivolte règne au-dessus, munie en son milieu d'une clef sculptée (i), très fruste, et, à ses extrémités, de deux têtes humaines, aussi mal conservées.

Le pignon est percé d'une ouverture ovale, placée dans le sens de la largeur et peu ancienne.

La façade du nord oft're une muraille unie, ajourée par deux fenêtres cintrées dont les arêtes sont abattues. Elle est surmontée d'une corniche en forme de talon renversé.

De ce côté, on accédait dans l'église par une petite porte, assez étroite, mais qui ne manque pas d'intérêt, car son linteau est orné d'une arcade, en forme de trilobé, ou plutôt de demi quadrilobe, constitué par un simple biseau, qui semble appartenir à la fin du xiii' siècle ou au début du suivant. A l'extrémité des deux angles rentrants de ce demi quadrilobe, sont sculptées, contre le tympan, d'un côté une tête d'homme, de l'autre une tête de femme : — Adam et Ève sans doute. L'homme est coiffé d'un de ces bonnets connus, en patois picard, sous le nom de « calipettes », devenus aujourd'hui l'apanage exclusif des femmes (2), mais autrefois

(il Elle représentait la tête d'un évêque et une crosse, (21 Son usa^e devient fort rare.

communément portés par les hommes et surtout par les paysans, comme on peut le constater, çà et là, dans diverses sculptures de la cathédrale d'Amiens et notamment sur la tête du jardinier, donateur prétendu du terrain où fut construit la basilique amiénoise. C'était la coiffure de prédilection des « bones gens des viles dentour Amiens ». — La femme a sa chevelure recouverte par une simple coiffe.

Dans le tympan dessiné par l'arcade, un ornement presque effacé avait été sculpté; on n'y distingue plus que trois canaux, disposés en éventail, entre deux sillons ondulés placés horizontalement.

Les extrémités du linteau sont supportées par deux corbeaux sculptés et représentant d'un côté un crapaud, de l'autre, un visage grotesque accroupi sur de courtes jambes.

Non loin de cette petite porte on lit l'inscription suivante :

CI GisT M. Jean de Vauchel curé de

PeRNOY aul A FONDÉ LA CONFRÉRIE DU ROSAIRE DÉCÉDÉ LE l6 DE DÉCEMBRE AGÉ DE

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