‹ La Picardie historique et monumentale (volume 4)Chapitre 20 sur 28 · FONTAINE ARMORIÉE · texte numérisé non relu

FONTAINE ARMORIÉE

Le domaine de Remaisnil fut jadis l'apanage d'une branche de la maison de Mailly (1372-1594). Philippe d'Avroült. écuyer, en fut possesseur après sa mère Anne de Mailly, héritière de sa maison (1601) A la hn du même siècle, Louis d'Avroült était marié lavant 1697) à Marie Marguerite de La Porte de Vaulx. Par suite sans doute d'arrangements de famille. Remaisnil passa avant 1704 aux La Porte, qui rebâtirent le château vers 1770 et le conservèrent jusque vers 1S25. Il fut alors acheté par le comte de Butler (1). et vient d'être vendu à M. Elby. directeur des Mines de Bruay.

Ce château est vaste et de belle apparence, d’ailleurs sans style bien caractérisé; il vient d’être remanié de fond en comble; l'ancien ameublement, qui était très riche et très beau, a été vendu et dispersé lorsque cette terre a changé de mains (1909). Il reste quelques boiseries à pilastres cannelés dans les pièces du rez-de-chaussée.

Dans la salle à manger, on remarque une jolie fontaine en marbre blanc, de style Louis XV, mesurant i"'25 de haut.

Le sujet central est un mascaron en forme de fleuve déifié, avec longue barbe en pointe et couronne de roseaux tressés; l'eau lui sort de la bouche, par l'intermédiaire, hélas! d'un profane robinet. Le motif est encadré d'un cartouche rocaille, avec palmettes au bas et sur les côtés, surmonté d'un écu piriforme, incliné, mi-parti aux armes de La Porte : d'or à la bande d'aiiir ; et de Cerf-Wyntershove ; d'üv à un rencontre de cerf de gueules. L'écu est timbré d'une couronne de marquis et supporté par deux lions asymétriques.

On y reconnaît les armes de Théodore-Lamoral-Joseph de La Porte, chevalier, seigneur de Remaisnil, né en 1737, mort le 20 octobre 1766, marié le 23 juillet 1761 à Henriette-Joséphine de Cert, fille de Jean-François-Joseph, marquis de Wyntershovc, grand bailly d'Ypres, et de Françoise-Pélagie de Bonnières-Guînes.

Plus bas est une vasque hémisphérique godronnée, assez simple, qui devait reposer sur un piédouche aujourd'hui disparu: elle s'engage maintenant dans une tablette plate, de marbre veiné.

Cette fontaine est encastrée au fond d'une niche cintrée; mais la sculpture très peu saillante du motif prouve bien qu'elle n'avait pas été faite pour cette place. Elfeciivement, on dit qu'elle se trouvait, il y a cinquante ans, à l'extérieur du château, et que M. de Butler la fit rentrer pour la préserver des iniempéries.

Bien qu'incomplète, et sans constituer un morceau de première valeur, celte vasque est d’une très bonne sculpture, et la grande rareté d'objets analogues, dans la région, lui donne de l'intérêt (2).

m Abbé Th. I-EFÈVRE, 0/. c/7 . P 212 et sq.

2' Il faut alltT jusqu’au manoir du Rieu. à Ilesdin-l'Abbé en Boulonnais, pour trouver une autre fontaine de château; celle-ci, par un avatar tout contraire, a été enlevée du palier de l'escalier intérieur pour être reléguée au milieu du fumier de la cour, où ^a jolie va>que et son petit lion cabré, qui jetait jadis l'eau par les narines, achèvent de se Jégradt-r.

L'église, située presque en face du château et vouée à une destruction prochaine, n a aucun caractère; elle date du xvin" siècle et se termine par un chevet en hémicycle. Elle contient une assez bonne chaire en chêne, de style Louis XV, et d’affreuses toiles barbouillées naguères, dit-on, par une noble main.

OUTREBOIS

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