‹ La Picardie historique et monumentale (volume 4)Chapitre 4 sur 28 · BEAUQUESNE · texte numérisé non relu

BEAUQUESNE

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Uu château fort, siège d'une prévôté royale, il ne reste rien.

Un magnifique clocher du xiii" siècle, seul vestige de la vieille église s’élève encore sur l’iin des flancs de l'église nouvelle. Il semble comme planté au hasard, car l’axe du monument a été retourné. Il occupait une place plus rationnelle, au sud-ouest, près d'un beau portail dont les archéologues déplorent la perle.

De puissants contreforts épaulent la tour que six bandeaux profilés en larmier divisent horizontalement. Des arcatures en tiers point ornent chacun des étages, sauf le rez-de-chaussée qui était éclairé à l’ouest par une grande fenêtre en arc brisé sous une archivolte. Un meneau central la subdivisait et un oculiis à la mouluration torique et sans redents en meublait le tympan.

Celte fenêtre est aujourd'hui murée. Au premier étage, à l’ouest comme au sud, deux petits arcs sont enveloppés par un grand arc.

Cinq colonnettes avec chapiteaux reçoivent les retombées de ces différents arcs. Au second étage, les quatre faces offrent deux arcs géminés, entourés de boudins continus sur les piédroits et d’une colonnette centrale avec chapiteaux. L’étage du beffroi présente une ordonnance qui rappelle celle du premier étage. Une corniche à modillons couronne la tour.

La face septentrionale est entièrement désaxée par la position de l’escalier. Au rez-dechaussée, on voit encore un grand

arc en plein cintre, aujourd'hui muré qui s’ouvrait sans doute sur un bas-côté. Le premier et le deuxième étage, comme la vue ci-jointe permet de s'en rendre compte, présentaient deux arcatures à peu près semblables.

La tourelle d’escalier, dont la porte se trouve sur la face nord, est ornée à l’angle nord-est d’une statue de saint .lean-Baptiste, patron de l’église qui tient un agneau posé sur un livre.

L’intérieur de la tour possédait une voûte d’ogives très haute qui s’est écroulée. Les ogives se profilaient en simple tore, et les formerets portaient un chanfrein. La voûte reposait sur de longues colonnettes en délit logées dans les angles. Elles formaient le prolongement de colonnettes plus courtes. Celles-ci au lieu de partir de fond prenaient leur point de départ à quelques mètres du sol. Les colonnettes ont presque toutes disparu; quelques chapiteaux sont conservés.

Au nord, un grand arc en tiers point, à double voussure faisait communiquer la tour avec l’église.

Une suite d’arcatures sans doute trilobées, mais si mutilées qu’il est difficile d’en rétablir exactement le profil orne le rez-de-chaussée au sud et à l’ouest.

Les fondations du chevet de l'ancienne église se voient encore devant le portail de l’église neuve. Le chœur comportait trois pans égaux.

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