ÉGLISE DE SAINT-HILAIRE
L'hglise de Contay n'a guère llxé ratteniion des archéologues, quoique le
0'' Gozc lui ait consacré une notice (n recueillie, avec ses manuscrits, par la
bibliothèque communale d'Amiens.
La construction de ce monument, — le plus intéressant des éditices religieux du canton de \'iIlers-Bocage (2), — remonte au milieu du xv'' siècle, et son plan a la forme d'une croix latine. La nef est accompagnée, du côté de l'évangile, d'un seul collatéral à l'extrémité duquel s'élève la tour du clocher, tout près du portail. Celui-ci s'ouvre dans la façade occidentale de l'église à l'opposite du choeur i3).
iii Nous avons fait passer dans cetto description la substance de l’étude rédigée par le I)'' Goze. D’après M. Garnier (Dict. topog. du dép. de la Somirie’l, Contay serait mentionné pour la première fois en 1147 par la (îallia Christiana. L’église de Contay est sous le vocable de S Hilaire de Poitiers. Elle appartenait, avant la Révolution, au doyenné de Mailly. Le prieur de St-Denis d’Amiens et postérieurement le supérieur des jésuites du collège de la même ville, furent les présentateurs à la cure ; l'évêque du diocèse en était
collateur (V. Fouillé de l’ancien diocèse d’.Amiens, M. S. du xviP s. de la bibliothèque des Antiquaires de
Picardie et Dictionnaire de Géographie historique du Dép. de la Somme, M. S. par M. G. de Witasse, au même lieu.)
(2) Le D^ Goze considère l’église de Contay comme <t un très bon type de la transition du style ogival pur au flamboyant ». L’édifice est de grandeur moyenne, comme il convient à une paroisse de moins de 400 habitants.
(3) Ce portail aurait été fâcheusement mutilé lors d’une restauration qu’il subit en 1825. (Voir Bibliothèque Historique, etc., de la Picardie et de l’Artois, par P. Roger, in-S", .Amiens, Duval et Herment 1844, p. 166, note de M. l'abbé Débarre, desservant de Contayl. Le D’’ Goze rapporte aussi une inscription de l'église où il est dit qu'elle fut brûlée “ la veille de Pâques », sans indiquer en quelle année. Nous n'avons point relevé cette inscription.
De chaque côté de cette entrée principale, sur un soubassement en grès orné d‘une moulure à sa partie supérieure, se dressent trois colonneltes surmontées de chapiteaux feuillagés (i). Dans les entrecolonnements régnent des moulures prismatiques, partant du soubassement pour se prolonger le long de la voussure de la porte, pendant que les chapiteaux servent d'appui à trois gros tores.
Le premier borde l'archivolte extérieure du portail. Les autres partagent la voussure en deux divisions principales, garnies, l'une de feuillages frisés, l'autre d'une tige de houblon parfaitement fouillée et agrémentée de lîeurs et même d'un escargot. Le tvmpan ainsi encadré est absolument uni.
Un larmier contourne l'archivolte supérieure du portail et se prolonge horizontalement à sa droite et à sa gauche. La partie qui surmonte l'ogive est enrichie de choux frisés et de chardons formant crochets.
Un épi de pierre se dresse à la pointe de l'accolade que dessine cette archivolte. Il dépasse de beaucoup une balustrade, composée de quatre feuilles inscrits dans des losanges, qui règne le long de la galerie disposée au-dessus du porche {2').
Tout cet ensemble fait, sur le nu du pignon de l'église, un léger avant-corps, placé précisément sur le même alignement que les contreforts du clocher. J.e pignon paraît donc en retrait. Il comporte pour unique ornementation une grande baie en cintre brisé à meneaux prismatiques, qui se divisent, dans la lancette, en compartiments compliqués. Cette fenêtre est décrite par un tore, réminiscence d'une époque antérieure.
Au sommet du pignon s'élève une croix licuronnée en pierre.
Le clocher, surmonté d'une flèche recouverte d'ardoises, se dresse à la gauche du spectateur qui contemple le portail. C'est une tour carrée, cantonnée de contreforts et percée, à sa partie supérieure, d'une unique fenêtre en accolade (3).
Le bas-côté est une adjonction sans mérite architectural. Il vient buter latéralement. contre le transept du nord, dont la façade est décorée par une fenêtre à glacis, bordée d'un tore et di\'isée par des meneaux. Après, se développe une abside à trois pans, séparés par des contreforts et ajourés chacun par une baie conçue selon le système décoratif qui vient d'être indiqué.
Le transept méridional fut construit sur des proportions plus vastes que celui du nt)rd. — (i'est l'ancienne chapelle seigneuriale de Contay (’qj. — Il est muni de contreforts semblables à ceux du chevet de l'église. Une fenêtre de même style que celle du bras correspondant contribue à la décoration de son pignon, orné en plus vers le sommet, d'une sculpture représentant deux anges tenant un écusscm etfacé.
Nous ne nous attarderons pas à décrire l'extérieur de la nef, car il n'otfre rien de remarquable, mais nous relèverons quelques-uns des plus importants parmi les gratfites nombreux, et souvent tracés par des mains inhabiles qui tapissent tous les murs de l'édifice.
Le petit texte indiquant l'année où l'église fut construite présente pour nous un réel intérêt. Cette inscription a été gravée en lettres gothiques sur l'un des
■ I L;i pri.‘mi.-re ;i ciO: tailléo sur un plan cllipiiiiue. Sa pai-tic aiuOrieure est aplanir' de façon à former deu.x aréte.^, ce c[ui cnnstitUL- une disposition peu commune.
i2,i La pointe d'.- l'aoccBlade. l’épi, la îjul'mie et les remplaces de presque toutes les fenêtres sont des rest.aurations modernes. La vue- publiée d'après un dessin de Duthoit au début de cette notice, donne l'état de réfîlise avant ce^ mudilications.
(3) l.'ne fenêtre semblable ex'iste sur chacune des faces do la tour.
(.}} l.'ne pertite porte en plein cintre, ornée d'une simple archivolte moulurée, servait jadis (r<fntréc particuliv're pour cette chapelle, l'nc seconde porte .semblable e-xistait un peu plus loin, dans la paroi latérale de la nef.
contreforts du portail. Elle est aujourd hui presque illisible, mais, au xvii^ siècle, une main prévoyante traça une copie auprès de l'original, en y employant des caractères romains et des chiffres arabes (i). On peut y lire :
Geste eglise fut