‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 53 sur 109 · BATIE EN LAN · texte numérisé non relu

BATIE EN LAN

Une autre inscription relate en ces termes une époque de misère profonde :

En 1710, ENNEZ BIEN DIFFICILLE POUR TOUS LE MONDE.

Nicolas

Renard

La mort d un curé de Contay fut aussi notée sur les murs de son église, où on lit :

Le . FEVRIER 176S

a 10 HEURES DU SOIR EST DÉCÉDÉ M' Pierre Merlot CURÉ DE Contay.

fAnffn, nous reproduisons, à titre de renseignement, une inscription qui nous paraît des plus suspectes a cause des abré^■iations archaïques et savantes dont elle fourmille.

(.es formes, au xvii^ siècle, n étaient pas plus en usage que les beaux caractères gothiques qui ont servi à les tracer. \'oici ce texte ;

J^iif ■ 6nfti ■ tV ■ P 6 aire ■ cii ■ fnn 1634 ■ n ■ fa ôifigeer ■ br vf). (Tartou fiirc ■ bc (Tontap.

Cette inscription sc trouve sur un des contreforts de l'abside.

Dans le jardin du presbytère actuel, on conser-\'e un élégant chapiteau du début du xim” siècle. L origine de cette sculpture est inconnue et le dessin qui la représente à la hn de cette mnice, nous dispense d'en faire une plus longue description.

Intérieurement, 1 église offre une nef, séparée de son unique collatéral par trois piliers courts et trapus qui forment quatre travées .21. Ces piliers, sans chapi-

!■ A 1 Spnque de la eon.^-triiction de l'église de (’ontay. le seigneur du lieu éuiii Guillaume le Josne, .amb.-.ssadeiir du duc de lîi.urg-ngne prés le Saint-Siège, et fils du célèbre baÜli d'Amiens. Robert le Josne, qui peut lui-même avoir contribué à la CDnstructicm du monument, car il mourut en JTnprés de Court,

la terre de Contay fut donnée par Robert à son til.s en 1428. à l'occasion du mariage de celui-ci avec Marguerite de Lully. Guiliaume mourut en i.|68. Peut-être alors la seigneurie de Contay était-elle déjà entre les mains de Louis le Josne, fils du précédent, époux de Jacqueline de XesJe-Offemont. Ces derniers eurent leur tombeau dans le transept sud de l'église, comme il sera dit ci-dessous (V. Lamorliêre. Familles illustres.)

(2) Le transept forme une cinquième travée du côté de l'évangile.

teaux, sont pénétrés par les moulures prismatiques des ogives qu’ils soutiennent. Toutefois, le premier d'entre eux, — plus gros que les deux autres, parce qu'il supporte Tun des angles du clocher, (i) — est orné, à sa partie supérieure, d'une forte moulure saillante qui simule une sorte de chapiteau.

'Trois fenêtres en cintre brisé éclairent le vaisseau principal. Le bas-côté n'en compte que deux. Les meneaux qui les divisent sont modernes. Un tore encadre chacune d'elles et se prolonge jusqu'à la naissance du glacis qui les termine par le bas.

Le collatéral est plafonné ; la nef est recouverte d'une voûte en charpente dissimulée sous un enduit et accompagnée de blochets, de tirandes et de poinçons sans intérêt.

Le chœur comprend la croisée du transept et l'abside. Ses fenêtres sont semblables aux baies décrites ci-dessus, et sa voûte d'ogives en pierre est moins élevée que celle de la nef. Les nervures prismatiques de cette voûte viennent reposer, dans les angles, sur des culs-dc-lampc feuillagés (2). A la clef, on distingue un écusson aux armes de la lamille de Rancher, propriétaire du château de Contay à partir de i83o (3j.

Le bras du transept qui s'étend vers le nord ne présente rien de remarquable ; ce n'est que le prolongement du collatéral.

Celui qui se dirige vers le midi fut construit sur de plus vastes proportions, comme déjà nous l'avons dit. Il faut y reconnaître une ancienne chapelle seigneuriale. Sa voûte de pierre est plus élevée que celle du chœur.

Elle est divisée par des nervures prismatiques retombant dans les angles sur des culs-de-lampe dont les sculptures, rendues très frustes par le temps et les badigeons réitérés, représentent de petit’s personnages munis de phylactères, et des anges supportant un écusson vide.

Trois fenêtres conformes à celles de la nef éclairent la chapelle. Deux sont percées latéralement et la dernière ajoure le pignon. vSous celle-ci on remarque une arcade cintrée en anse de panier, et surmontée d'une accolade ornée de moulures prismatiqueset de crosses de feuillage frisé. La niche ainsi encadrée est maintenant obstruée par un autel, mais on voit

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