CATHÉDRALE D'AMIENS
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aujourd'hui. On leur donna un soubassement de marbre noir, et on les entoura d une grille de 1er. Ces œin'res de 1 art du xnr'' siècle échappèrent à grand peine au creuset révolutionnaire : ce sont des pièces d'un rare mérite à tous égards, et c'est avec raison que l'auteur d'une description de la cathédrale a écrit d'elles : « dans cesdeux tombeaux, effigies, vêtements, ornementation, table ou lit de mort, supports, inscriptions, tout est à étudier (i). »
X(uis continuons d as’ancer dans la nef : contre 1 a\'ant-dernier pilier à notre gauche, nous voyons adossée la chaire a prêcher, datant de c est un dtin que
Monseigneur de la Motte, évêque d Amiens, lit à son église cathédrale, et c'est une œuvre du sculpteur amiénois Dupuis; la tribune est supportée par les statues de haute proportion des trois vertus théologales; 1 abat-voix est surmonté d'un ange colossal qui, d une main, soutient le li\’re de la Sainte b.criture, et élevant un bras vers le ciel, parait convier les fidèles à venir écouter les enseignements évangéliques. Des draperies, relevées par de gracieuses figures d'enfants, couvrent le pilier contre lequel s'appuie cette tribune sacrée, à laquelle on pourrait peut-être reprocher un peu de lourdeur, mais qui n'en est pas moins grandiose dans son ensemble, et fort remarquable par l'exécution de ses sculptures. Toutes les figures sont peintes en blanc; les draperies et les ornements d'architecture de la tribune et de l'escalier sont dorés; un écusson aux armes de Monseigneur de la Motte orne le devant de la chaire.
Sur le pilier qui fait face est un fort beau Christ, dû au ciseau des frères Duthoit, et copié sur l'œuvre du sculpteur Girardon, qui décore le maître-autel de l'église de Saint-Hiquier.
Parvenus a 1 extrémité de la nef, avant de pénétrer dans le transept, retournonsnous, et après avoir encore une fois contemplé la belle perspective de la grande voûte et des arcades sur lesquelles elle s'appuie si légèrement, dirigeons nos regards vers le grand orgue, dont la tribune est suspendue avec tant de hardiesse au-dessus de la porte principale. Cette tribune date du xv'-' siècle; elle occupe toute la largeur de la nef, et se compose de quatre travées figurant une ^•oùte d'arête, construite en bois avec beaucoup d art : les arcs formerets s'appuient d'un côté sur le mur de la façade, un peu au-dessous du triforium qui, en cet endroit, se trouve masqué, tandis que d autre part les arcades en ogives, terminées par des pendentifs, se présentent en porte à faux.
L établissement du grand orgue remonte à 1422; Alphonse Le Mire, receveur des aides à Amiens, passe généralement pour en avoir été le donateur : cette largesse lui aurait valu, comme marque de reconnaissance de la part du Chapitre,
1 honneur de recevoir la sépulture dans le bas de la nef de la cathédrale, où lui et sa femme, Massine de Hainaut. reposaient sous une tombe de métal, qui fut enlevée et jetée au creuset durant la Révolution. Toutefois, d'après les recherches et les décou- ^■ertes récentes d un savant archéologue amiénois, M. Dubois, des Antiquaires de Picardie, lœ Mire n aurait pas été seul pour supporter les frais énormes qu'entraîna la confection de ce colossal instrument; un autre bourgeois d'Amiens, Jacques Frérot, y contribua dans une très large proportion ; peut-être même aurait-il été le principal donateur : à Alphonse Le Mire reviendrait seulement le mérite d'avoir complété la s(Mnmc nécessaire. M. Dubois paraît croire que Le Mire ne serait qu'un mandataire de Frérot, et qu'à ce dernier appartient uniquement la gloire d'avoir donné les premiers fonds, après avoir conçu la pensée de doter d'un grand orgue la cathédrale d'Amiens.
(l) ^ . Les touibes en bn PP- 489, 537-
de !a Cathédrale d'Amiens, par l’abbé J. Corblet, Revue de L'Art chrétien, t. XIV.
Laissons de côte ce problème historique dont la solution est peu facile; bornonsnous à constater que les orgues de Xotre-Dame, dans l'état actuel, se composent de
trois parties : i” la tribune élégante et légère dont nous venons de parler; 2" le
butfet principal, de style Renaissance, qui ne remonte pas au-delà 'du milieu du xvp siècle et date probablement de 1549 (i ), époque à laquelle nous apprenons par les registres capitulaires, qu'une restauration complète de l'instrument dût être exécutée; 3° le bulfet du positif, ajouté en 1C20.
Nous ne pouvons parler de toutes les restaurations et moditications qui ont été faites à l'orgue depuis son origine jusqu'à nos jours ; disons seulement
que de oSSy à iS8c) il a été entièrement remis à neuf et considérablement
augmenté par M. Cavaillé-Cioll, de Paris, l'un des plus habiles facteurs de l'Iùirope. Au point de vue musical, ce gigantesque instrument est aujourd'hui parfaitement digne de la basilique dans laquelle il est dest.iné à rehausser l'éclat des cérémonies sacrées. Il est regrettable que la teinte naturelle du chêne de la tribune ait disparu depuis i(S36 sous une peinture bleue rehaussée de dorures et d'ornements de mauvais goût, qui, pour la plupart, consistent simplement en planches découpées, sur lesquelles sont simulés des reliefs assez mal réussis et dépourvus de tout caractère architectural.
La rose qui fait le centre de la façade principale apparaît à l'intérieur audessus des tourelles du grand orgue. Les \-itraux dont cette rose est garnie représentent entre autres sujets des têtes de coq, allusion au nom de Cocquerel, porté par le donateur de la rose et des vitres. Du point où nous sommes nous pouvons examiner à l'aise les deux autres roses des extrêniités du transept. Celle du sud a des meneaux contournés qui accusent le style flamboyant : ses compartiments sont garnis de vitraux étincelants ; parmi les sujets on reconnaît des anges qui tous dirigent leurs regards vers le centre de la fenêtre. Celle du nord présente en son milieu une étoile sur laquelle viennent converger des meneaux entremêlés avec art, et surmontés de trèlles et de quatre-feuilles. Sous chacune des roses du transept, la galerie du triforium, ajourée, est ornée de verrières avec personnages.
Nous allons continuer notre visite par l'examen du chœur et du sanctuaire : avant de gravir le perron composé de six marches en marbre rouge, arrondies aux extrémités et interrompues par un palier de même forme, composé de riches compartiments en marbres de diverses couleurs, regardons à nos pieds, et devant le premier degré nous verrons dans le dallage une inscription tumulaire en langue latine, gravée sur une plaque de marbre blanc taillée en losange : c'est l'épitaphe du chanoine Cornet de Goupel, mort en 178(3. Ce vénérable ecclésiastique a consacré plus de io!),o:)o écus de sa fortune personnelle pour rehausser 1 éclat du service di\'in dans la cathédrale, et pour la décoration de 1 édifice; son nom reviendra plus dune fois sous notre plume dans la partie de la présente notice qui nous reste à écrire, (ictte épitaphe était devenue presque illisible par suite du frottement des pas; elle vient d'être rétablie, grâce aux soins pieux d'un arrière neveu du généreux défunt, Al. Roujol de Fréchencourt.
n Lp style des arnernents du buffet accuse bien 1
croissant couronné, emblème de ce roi.
l'époejuc de Jtenri H : on y remarque d’ailleurs le