‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 98 sur 109 · A FONDU LE · texte numérisé non relu

A FONDU LE

rr.nruE le 13 d’avrili.k

Dans la plus haute subsistent les débris d'un admirable cep de vigne, délicatement et profondément fouillé. Il est chargé de grappes que des oiseaux viennent becqueter. Ses extrémités s'échappent de la gueule de deux animaux monstrueux dont on

aperçoit encore quelques portions.

Les deux dernières voussures sont communes aux deux baies et s'infléchissent

au-dessus du trumeau. Une gorge pratiquée dans le nu du mur les surmonte en

les côtoyant. A l'endroit de la retombée centrale, se trouve un petit ange

habilement sculpté.

Outre les moulures prismatiques dont il est décoré, le trumeau porte encore

au-dessus d'une petite colonnette, un socle où l'on voit deux anges soutenant un

écusson chargé d'une couronne d'épines. La statue placée jadis sur ce socle a été enlevée, mais on admire encore le dais qui l'abritait, dais où se jouent des

salamandres finement ciselées (i).

Un larmier horizontal s’étend au-dessus du portail.

La saillie qu'il forme simule une terrasse où se meuvent comme sur une

frise, huit petits amours nus et ailés, sur le point de servir un cerl aux abois. Leurs attitudes sont très variées ; plusieurs portent des épieux. La bête de chasse, attaquée par deux chiens, est placée au centre de la composition. Quatre amours se trouvent de chaque côté et deux autres chiens complètent la scène (2). Cette sculpture, tout-à-fait dans le goût de la Renaissance italienne, paraît avoir été inspirée par la vue de quelque bas-relief antique.

Une seconde moulure horizontale s'allonge au-dessus de cette fantaisie cynégétique. Elle passe immédiatement sous une vaste niche cintrée et bordée de moulures ainsi que d'une gorge où se déploie un cep de vigne semblable à celui qui, jadis, contournait le portail.

Un grand bas-relief, restauré par les sculpteurs Duthoit, occupe tout l'espace ainsi encadré. 11 représente l'entrée triomphale de N. -S. à Jérusalem, le jour des

Il t'aut rapprocher de ces f^raflàtcs celui qui est gravé sur la base do la tourelle qui flanque le clocher. Le voici ;

La CLi.lCIIK A KTK l’I'NDUE LK 6 n'OCTÜHRE l86l

Nous obéissons à un pieu.K devoir en ï-ignalant encore une lame de cuivre clouée prés du portail, contre la paroi de l’église, car cette plaque est consacrée à la mémoire d'un enfant de La Neuville, Léopold I.,egay, mort de ses blessures sous les murs de Sébastopol, le 8 septembre 1855.

Knfin. l’inscription suivante nous semble présenter un réel intérêt historique. Elle est très légèrement gravée en écriture cursive et la lecture en est assez difficile:

1 Lk 10 lOUR DAOL’ST I.E M.iRÉCllAI.

DE CrÉQUV l’ÉDIT 1,A BATALI-E DE SaLI-EBROQCE DÉTRESSE . I^"5-

11 s'agit vraisemblablement ici de la bataille de Consarbruck, prés Trêves, perdue par François de Créc[uy, duc de Lesdiguiéres, maréchal di’ I'‘rance. Cette affaire, terminée le ii août 1675, avait cinnmcncé la veille, l.esdiguiéres y fut fait prisonnier. L’inscription se trouve dans l’une dos gorges de l’entrée du portail, à la droiti' du spectateur.

Sur deu-K des contreforts de l'abside on distingue ces mots :

«■ CORBIE A L’aBEIIIE

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