‹ La Picardie historique et monumentaleChapitre 99 sur 109 · EN 16. . . * ESTE DEMOLI · texte numérisé non relu

EN 16. . . * ESTE DEMOLI

Ce sont évidemment des allusions aux deux sièges do Corbie en 1636.

Enfin, au même endroit on peut lire :

Il RiCSTAUR.vriO.N DU PORTAIL 1855. .»

(I) Dans ces derniers temps, on y voyait encore une médiocre statue do Notre-Dame, en bois. Cette œuvre du XVII' siècle est actuellement conservée dans la sacristie.

2) Toute cette sculpture a boauenup ^oulfert. Le cerf surtout est très mutilé.

Rameaux. Au premier plan, le Sauveur, monté .«^ur une anesse, est escorté par les Apôtres. II s'avance en bénissant vers la porte fortiliée de la ville, où se tiennent cinq habitants venus à sa rencontre. Celui qui marche à leur tête, personnage important, chaussé pour la circonstance de superbes bottes enrichies de lanières, étend une étotfe sous les pieds de la monture du Christ. Des créneaux qui surmontent l’entrée de Jérusalem, les spectateurs jettent des gerbes de feuillage. Dans le fond, vers la gauche, on voit se dresser les monuments de la cité juive (i). Au milieu et à droite, l’arrière-plan du bas-relief représente la campagne. Des arbres s'y élèvent et leurs branches supportent deux personnages qui, ainsi placés, contemplent le cortège. Un meunier, coitle du vulgaire bonnet de coton, regarde, de la fenêtre de son moulin à vent, le spectacle qui se déroule devant lui. Un gros rat même paraît n'y être pas indift'éreni : pour en mieux jouir, il s'est arrêté sur le bord de son trou (2).

Une archivolte, formée par un larmier, se recourbe en accolade au-dessus de la sculpture et se termine par une demi-lfeur de lys, refaite depuis peu de temps.

Dans le triangle donné par l’archivolte et le cintre de la niche s’épanouit un bouquet de longues feuilles laciniées, et de chaque côté de la pointe de l’accolade s'ouvre une fenêtre trilobée (3).

Le pignon de la façade est surmonté d'un quatre-feuilles moderne qui tient lieu de croix et ses rampants sont agrémentés de monstres formant crochets. 11 y en avait cinq d une part et six de l'autre, mais actuellement un d'entre eux est brisé de chaque côté.

A droite et à gauche du portail un contrefort triangulaire s’élève jusqu'aux retours horizontaux de l'archivolte du bas-relief. Les bases de ces contreforts sont ornées de moulures prismatiques dessinant des arcades, et de sculptures délicates profondément fouillées. Des statues se dressent sur ces bases (4).

Au-dessus, il faut admirer sans réserve les dais qui les abritent et dont les clochetons, hérissés de crosses végétales, s’élèvent jusqu'au sommet des contreforts.

De part et d'autre, dans les angles formés par les contreforts et les ébrasements du portail, une console d'une forme très rare et toute parsemée de lîeurettes,

soutient un socle jadis orné de feuilles de vignes et de grappes, sur lequel *

devait se trouver une statue. Au-dessus de chacun d'eux se dresse un dais

semblable à ceux précédemment décrits.

L’extrémité de la façade est appuyée à droite par un pilier d'angle. Il est analogue à ceux qui accompagnent le portail. On y remarque une statue de saint Jacques, caractérisée par le grand chapeau de pèlerin rejeté sur le dos. Sa pannetière suspendue naguère au bourdon brisé est restée adhérente au vêtement, vers la hauteur de la ceinture. Dans l’encoignure formée par ce contrefort et le

(1) 11 serait intéressant de comparer cette entrée de Jésus A Jérusalem avec le bas-relief représentant, aux clôtures du chœur de la cathédrale d’Amiens, l’arrivée de saint Firmin en cette ville. L’âge dos deux sculptures est vraisemblablement le même.

(2) Nous pensons que ce meunier est une restauration des sculpteurs Duthoit. Quant au rat, il parait du xvi' siècle.

13) Le portail et le bas-relief qui le surmonte étaient autrefois protégés par un auvent dont on reconnaît

les traces.

(4} Au contrefort de gauche on remarque une statue très mutilée de Notre-Dame, qui n’est pas sans analogie •

avec la célèbre Vierge-Dorée de la cathédrale d’Amiens. C\tte statue date du xiv' siècle, et n'a donc pas été faite pour la place qu’elle occupe. Au contrefort de droite, un saint Antoine en costume d'ermite, muni du tau et du chapelet, marche sur des flammes, escorté de son fidèle compagnon. Cette image parait trop petite pour la niche où on l'a placée. Elle est pourtant contemporaine de l'église. Les autres statues que nous auron-s l'occasii'n de décrire semblent avoir toujours conservé leur primitif emplacement.

mar s'abrite une console presque semblable à celles qui ont été signalées antérieurement dans la description du portail, mais de plus, agrémentée de monstres ailés. 1-dle soutient un Kccc Homo dominé par un dais du même modèle que les autres et peuplé de petits animaux au nombre desquels on remarque un singe supérieurement ciselé.

D'autre part, mais toujours sur ralignement de la façade, s’élève le clocher.

C’est une tour quadrangulaire soutenue à l'Ouest par deux piliers diagonaux butant les angles (i). Une tourelle hexagonale ceinte de plusieurs larmiers à diverses hauteurs, et renfermant un escalier, est accolée à l'angle Nord-Est. Ce clocher est éclairé sur trois faces, à la partie .supérieure, par des fenêtres en tiers-point, moulurées sur leurs bords, et jadis pourvues de meneaux détruits maintenant ou confondus dans la maçonnerie qui obstrue ces fenêtres.

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Plus haut se dresse une flèche pyramidale qui repose sur une hase cubique contenant le beflVoi des cloches. Le tout est en cliarpiente recouverte d'ardoises. Le sommet de la tourelle de l'escalier atteint la naissance de la flèche.

Le contrefort de la tour le plus rapproché du portail est décoré comme celui qui lui fait pendant, à l'autre e.vtrémité de la façade. La niche qu'on y a ménagée renferme une statue très mutilée de saint Pierre. Le bienheureux porte un livre ouvert ; la main droite qui devait tenir les clefs est brisée. Les vêtements sont bordés d'une riche broderie où l'on distingue des caractères alphabétiques (2). Une donatrice est agenouillée à ses pieds.

(i) La base de la tour porte des traces nombreuses de projectiles, contemporaines, sans doute, du siège de Corbie en 1636. Le réduit qu’elle renferme est voûté sur ogives.

12) Nous cr<)yons y lire cer- mots : ...Petre, ora pro nobis. Mais Goze, sans rien affirmer, v trouvait le nom de saint Thomas, bien ([ue la statue lui parût représenter saint Milfort. Le patronat de l’abbé de yaint-Piern; de Corbie sur l’église de I.a N’i-uville explicjuc à nos veux la présence de cette statue dans ce lieu.

l'-xtéricLirement, les côtés de l'église ne répondent pas à la beauté de sa taçade. Au Sud. la nef est éclairée par quatre fenêtres en tiers-point irrégulièrement disposées et de dimensions variées. Klles sont bordées de moulures prismatiques et surmontées de larmiers formant archivoltes. A l'exception d'une seule, elles sont toutes garnies de meneaux modernes.

Deux petites portes s'ouvrent dans cette partie de rédhice. L'une, pratiquée sous la troisième fenêtre possède une archivolte en accolade, dont la pointe supporte un socle mouluré, destiné à recevoir une statue.

Le chœur est plus étroit et moins élevé que la nef; il est éclairé au midi par deux fenêtres en tiers-point pourvues de beaux meneaux. Un contrefort s’élève dans les espaces qui les séparent, de même qu'entre les trois fenêtres de l'abside.

Le côté septentrional du monument ne mérite point une description. On peut en dire autant de l'intérieur de l'église, malgré la beauté des meneaux qui s'entrecroisent dans la fenêtre presque cintrée du fond du sanctuaire.

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