ACTE DEUXIEME
LE MARQL'IS.
Et il s'en excusait sur les éclats de rire de Pauline, qui le troublaient.
GENEVIÈVE
C'est bien d'un sourd qui fait la fine oreille! Pauline n'a pas desserré les dents... ce qui ne l'a pas empêchée de gagner des sommes folles.
LA MARQUISE
Vraiment?
PAULINE
Folles!... cent francs au moins.
LE MARQUIS
C'est joli, dans une partie à vingt sous le jeton. Mais je soupçonne que vous n'aimez pas le jeu.
PAULINE
J'en conviens, monsieur le marquis, je n'aime pas le jeu... <A part.) A vingt sous.
GENEVIÈVE
Pauline est une personne grave qui s'ennuie dans le monde, n'est-ce pas?
LA MARQUISE
Cependant, vous vous faisiez une fête d'y aller.
PAULINE
Je me le figurais autrement qu'il n'est.
LE MARQUIS
Vous avez un caractère trop sérieux pour votre âge, ma chère nièce.
PAULINE
Peut-être.
LA MARQUISE
Mais le monde ne se compose pas uniquement de frivolités. Pourquoi, si vous vous ennuyez dans le camp de la jeunesse, ne venez-vous pas dans celui des gens mûrs? vous trouveriez là une conversation solide et intéressante.
PAULINE
Mon Dieu, madame, je l'avoue à ma honte, la plupari des choses dont on parle dans le monde ne m'intéressent pas. Je suis une sauvage, j'ai trop vécu dans notre rude Bretagne.
LE MARQUIS
Nous vous civiliserons, chère enfant. — Quel temps fait-il ?
GENEVIÈVE, allaDt à la croisée.
Superlie !
LA MARQUISE
Cela ne durera pas.
LE MARQUIS
Es=t-ce que votre blessure vous fait souffrir?
LA MARQUISE
Un peu.
PAULINE
Quelle blessure?
GENEVIÈVE, redesceodant en scène.
Vous ne savez donc pas que grand'maman est un ancien militaire?
LE MARQUIS
Geneviève, vous perdez le respect.
GENEVIÈVE, allant à la marquise.
Je vous ai déplu, bonne maman?