ACTE DEUXIÈME
GENEVIÈVE
OÙ donc est Henri?
PAULINE
Je n'en sais rien... Chez les pauvres, probablement.
GENEVIÈVE
Il a l'air triste depuis quelque temps.
PAULINE
Il n'a jamais été gai... C'est un jeune homme môlancoique.
GENEVIÈVE
Vous ne lui connaissez pas de chagrin?
PAULINE
Ma chère, la mélancolie vient de l'estomac. Voyez si les gens bien portants sont tristes... M. de Montrichard, par exemple...
Elle s'aesied.
GENEVIÈVE, souriant.
Il doit avoir un bien boa estomac.
PAULINE
Quelle verve ! quelle gaieté !
GENEVIÈVE
Il est amusant.
PAULINE
Et brave comme son épée... En voilà un qui rendra sa femme heureuse !
GENEVIÈVE
Vous dites cela comme si vous n'étiez pas heureuse avec Henri?
PAULINE
Très-heureuse! Henri est charmant. Mais madame de
Montrichard n'aura rien à m'envier,.. et je voudrais que ce fût vous.
GENEVIÈVE
Moi?
PAULINE
ÎN'avez-voiis pas rc.uarqué que M. de Montrichard vous regarde beaucoup?
Non. Est-ce qu'il vous l'a dit?
PAULINE
Quoi?
GENEVIÈVE
Qu'il me regarde beaucoup ?
PAULINE
Je m'en suis bien aperçue... Il est manifeste qu'il est amoureux de vous.
GENEVIÈVE
Vous intéressez-vous à lui ?
PAULINE
Oui, parce que je vous aime.
GENEVIÈVE
Eh bien, chargez-vous de le décourager.
PAULINE
Pourquoi?... Vous dépiait-il?
GENEVIÈVE, étourùiment.
Non, pas plus qu'un autre ; mais je veux rester fille.
PAULINE, se levant.
Vous m'étonnez... Je ne vous croyais pas d'une dévotion incompatible avec le mariage.