ACTE XJELXIEME
Ce n'est pas dévotion... c'est une idée corame cela.
PAULINE
Vous aimez donc quelqu'un que vous ne pouvez pas épouser ?
GENEVIÈVE
Je n'aime personne...
PAULINE
Vous rougissez... (L'attirant vers elle.) Voyons, Geuevièvc, ayez confiance en moi; ne suis-je pas votre amie?
GENEVIÈVE
Je n'aime personne, je vous le jure.
PAULINE
Alors, vous avez aimé quelqu'un?
GENEVIÈVE
Laissons cela. (Se dé^tgcaot des bras de Paulioe.) Je ne dois paS
me marier, voilà tout.
Elle s'approche du eaaapé à droite.
PAULINE
Ah! je comprends, (a part.) Bonne affaire pour Montrichard. (Hant.) Eh bien, ma chère, M. de Montrichard n'est pas de ces esprits étroits qui ne pardonnent pas un enfantillage à une jeune fille.
Elle Tient près d'elle.
GENEVIÈVE
Un enfantillage ?
C'est l'homme qu'il vous faut. Il ne vous fera jamais un reproche, et, si quelqu'un s'avise de la moindre allusion...
GENEVIÈVE
A quoi?
PAULtNE.
A ce que vous n'osez pas me dire... Ne rougissez pas, ma toute belle, (r.ii.; la fait asseoir.) Quelle est la jeune fille qui n'a pas été imprudente une fois dans sa vie ? On rencontre un beau jeune homme au bal ; on se laisse serrer le bout des
doigts, on répond peut-être à un billet... fCeneviève faitnnmon- Tement pour se lever, Pauline la reticot.) Tout Cela, Ic plUS inUOCem-
ment du monde, et on se trouve compromise sans avoir fait de mal.
GENEVIÈVE
Un billet ? compromise ? moi ?
PAULINE
Que signifie alors que vous ne devez pas vous marier ?
GENEVIÈVE, se levaat, avec hauteur.
Cela signifie, madame, qu'il y a de par le monde un homme que j'ai été élevée à regarder de loin comme mon mari, et... Mais vous ne me comprendriez pas, puisque vous êtes capable d'un pareil soupçon.
Elle loi tourne le dos.
PAULINE
Pardonnez-moi si je vous ai offensée, mon enfant; mais vos rélicences ne laissaient de place qu'à cette conjecture, et vous avez vu que mon amitié cherchait encore à l'atténuer.
GENEVIÈVE, lui tendant la main.
C'est vrai... j'ai tort.
PAULINE
Voyons, du courage. Il y a donc de par le monde un homme que vous avez été élevée à regarder de loin comme votre mari...