‹ La pierre de toucheChapitre 133 sur 295 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

chose. Ma conduite n'est-eile pas irréprochable ? Vous ai-je donné un sujet de mécontentement?

HENRI

Vous aurais-je moi-même manqué d"égards à mon insu ?

PAULINE

Vous me parlez d'égards !

HENRI

De grâce, madame, laissons les scènes de ménage aux petites gens ; vous êtes trop grande dame pour aller sur leurs brisées.

PAULINE

Je le vois, vos méchants soupçons vous sont revenus.

Je n'ai pas de soupçons.

PAULINE

C'est une certitude, voulez-vous dire? Parlez, Henri; je suis forte de ma conscience, et j'appelle une explication.

HENRI

Elle est inutile, madame ; vous n'aurez jamais à vous plaindre de mes procédés.

PAULINE

Mais c'est un refroidissement complet ! Et vous avec ci"U que je l'accepterais?

HENRI

Que vous importe?

PAULINE

Voyons, Henri, au nom du ciel ! C'est tout notre bonheur qui se joue là! Soyons de bonne foi tous les deux. Je vais vous donner l'exemple. — Oui, en vous conduisant à Pilnitz, je savais que nous y trouverions votre oncle.

HENRI

Son intendant m'a en effet parlé d'une lettre que vous lui auriez écrite...

PAULINE, à part.

Je m'en doutais !

HENRI

Mais je n'en ai rien cru; vous m'avez juré le contraire sur la tête de votre mère.

Je l'aurais juré sur la tète de mon enfant, si j'en avais un, car vous m'êtes plus cher que le monde entier, et mon premier devoir, c'est votre bonheur !... J'ai voulu vous faire rentrer malgré vous dans votre milieu naturel, vous rendre votre air respirable, voilà mon crime.

HENRI

Je vous en suis très-reconnaissant.

PAULINE

Comme vous dites cela ! Vous figurez-vous, par hasard, que j'aie obéi à un instinct de vanité personnelle ? Que j'aie voulu figurer dans le monde et jouer à la grande dame? Triste jeu, mon ami ; je ne demande pas mieux que d'en être dispensée.

HENRI

Je le crois.

PAULINE

Cette vie factice m'ennuie !

HENRI, s'asseyanL

Je le sais.

'■ PAULINE

Alors, de quoi ra'accusez-vous?

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