‹ La pierre de toucheChapitre 15 sur 295 · ACTE PREMIER. «T · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. «T

tons un Requiem, une messe des morts, un De ProfundiSf quelque chose de larmoyant?

FRANTZ

Vous savez, monsieur, que les musiciens inconnus, comme moi, ont toujours leurs tiroirs pleins d'essais de tous genres. Mais puis-je savoir ce qui me vaut l'honneur de votre demande ? car je n'ai aucune notoriété.

LE BARON

C'est bien simple, jeune homme : je suis cousin du comte Sigismond d'Hildesheim.

FRANTZ

Celui qui vient de mourir?

LE BARON

Il m'avait souvent dit qu'il voulait à ses obsèques un Requiem de votre façon, et je tiens à accomplir cette fantaisie bizarre d'un mourant.

FRANTZ

C'est étrange! Je ne connaissais pas le comte Sigismond.

LE BARON

Il paraît qu'il avait entendu de votre musique quelque part. Toujours est-il qu'il faisait grand cas de votre talent,

Alors, monsieur, pour la rareté du fait, et pour remercier mon seul admirateur, permettez-moi de vous offrir ce que vous veniez acheter.

LE BARON

Non pas, non pas ! Il faut que chacun vive de son travail.

FRANTZ

Vous me ferez plaisir, monsieur.

LE BARON

Impossible, mon cher; comprenez donc! ce ' serait inconvenant.

Frantz va chercher la musique sarle piaao. SPIEGEL, allant au baron.

Alors, monsieur le baron, c'est cinq cents florins.

LE BARON

Plaît-il?

Cinq cents florins.

A la bonne heure !

Voici la chose.

SPIEGEL

LE BARON

FRANTZ

Il présente au baron un rouleau de musique.

Mais dites-moi donc, jeune homme, c'est énorme, cela... 11 y a là de quoi enterrer vingt personnes.

FRANTZ

Rassurez-vous, c'est l'orchestration qui fait tout ce volume.

LE BARON

Très- bien! (u appelle.) Petermann ? (Entre un domestique.) Prenez ce paquet. — Monsieur Frantz, je vous remercie. Voici les cinq cents florins demandés, il n'y a pas moins dans cette bourse ; s'il y a davantage, tant mieux pour vous.

Il tend une bourse à Fiantz ; Spiegcl fait un mouvement pour la prendre ; Frantz lui arrête le bras ; la bourse tombe sur le parquet.

FRANTZ, poussant la bourse du pied.

Petermann, le paquet est lourd, voici votre pourboire.

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