‹ La pierre de toucheChapitre 159 sur 295 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Tout?

PAULINE

Tout ce qui était racontable.

MONTRICHARD

Très-bien. — Vous venez d'embarque.r Irma?

PAULINE

Oui, cher ami.

MONTRICHARD

Cette séparation douloureuse m'explique votre air joyeux^

PAULINE

Mon air joyeux vient d'une découverte que j'ai faite.

MONTRICHARD

Laquelle ?

PAULINE

La clef des champs.

MONTRICHARD

Et c'est?...

PAULINE

Une clef, parbleu ! Ne m'en demandez pas davantage. Qu'il vous suffise de savoir que je ferai un éclat, qu'il n'y aura pas de procès, et que je garderai mon titre de comtesse et mes donations matrimoniales.

MONTRICHARD

Bon cela!

Vous voilà content : vous épouserez Geneviève. Soyez heureux, mon bel Alfred, et ayez beaucoup d'enfants. Mais, si vous voulez un conseil d'ami, ne donnez pas à vos filles

la déplorable habitude de tenir leurs pensées en partie double.

MONTRICHARD

Je ne comprends pas!

PAULINE

Ça fait ressembler les jeunes personnes à ce piano de l'Exposition universelle qui note les airs à mesure qu'on les joue; c'est très-dangereux.

MONTRICHARD

Pas de bêtises, Olympe ! je te défends de compromettre mademoiselle Geneviève...

PAULINE

Fi donc! pour qui me prenez-vous? Je vais jouer sur ce clavier d'ivoire une petite romance de ma composition, et, quand elle sera notée, je me sauverai avec ma musique, voilà tout. Histoire de calmer les nerfs à la noble famille.

MONTRICHARD

Pas de logogriphe, je vous en prie.

PAULINE

Vous serez bien avancé quand vous serez mon complice!

C'est vrai! je ne veux tremper dans vos diableries qu'en qualité de bon génie.

PAULINE

Mes diableries ne sont pas bien noires. Il s'agit simplement de me garder à carreau. Je ne veux pas de mal à cette petite fille, moi, et je lui en ferai tout juste ce qu'il en faut à ma sûreté. D'ailleurs, n'ètes-vous pas là pour tout réparer, vertueux Alfred?

MONTRICHARD

Je ne demande qu'à réparer... pourvu cependant que le dégât.

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