‹ La pierre de toucheChapitre 162 sur 295 · BA.UDE · texte numérisé non relu

BA.UDE

Je pars aujourd'hui même pour Paris.

PAULIaN'E, à part.

Le piège est grossier.

MOXTRICHARD.

Cela te prend donc comme une envie d'éternuer?

BAUDEL.

Je reçois à l'instant une tettre de mon notaire qui me propose un magnifique mariage.

PAULINE, à part.

C'est cousu de fil blanc.

MONTRICBARD.

Si ton médecin te proposait une magnifique pleurésie, tu accepterais donc?

BAUDEL.

Peut-être ! La vie m'est à charge.

PAULINE

Est-il possible ?

BAUDEL.

Je suis né sous une mauvaise étoile, madame.

MONTRICHARD

Infortuné! déjà affligé, à son âge, de cent vingt-trois mille livres de rente !

BAUDEL.

Ah! que ne suis-je pauvre ! Je serais peut-être quelqu'^ chose à cette'heure!

MONTRICHARD, & part.

Il serait clerc d'huissier.

BAUDEL.

Je me ferais un nom; je vivrais de ma plume.-.

MONTRICHARD, à part.

Ta plume? Je t'en retiens un paquet.

BAUDEL.

Tandis que la fortune, c'est l'oisiveté; elle nous livre piedet poings liés à nos chagrins.

PAULINE

Vous avez des chagrins, monsieur de Beauséjour?

MONTRICHARD

Il faut bien qu'il en ait pour se marier volontairement.

BAUDEI.

Un moment je me suis cru aimé, j'ai cru qu'une femme adorée me permettrait de lui consacrer ma vie; je le croyais encore en recevant la lettre de mon notaire... et je comptais la déchirer aux pieds de mon idole...

Il montre la lettre.

HONTRICHA.RD, prenant la lettre.

Une vraie lettre de notaire, ma foi!

PAULINE, à part.

Ce n'est donc pas un piège ?

BAUDEL.

Mais j'ai reçu une preuve d'indifférence telle que je n'ai plus d'espoir, et me résigne à rentrer dans la vie ordinaire.

MONTRICHARD, montrant la lettre à Pauline.

La demoiselle a un milUon, sans compter les espérances... C'est un pistolet chargé d'or.

PAULINE

Vous avouerez, du moins, qu'une résignation si précipitée donne mille fois raison à la prudence de votre idole. , puisque idole il y a.

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