‹ La pierre de toucheChapitre 216 sur 295 · PHILIPPE, MATHILDE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, MATHILDE

PHILIPPE

Elle se doute peu de ce qui me tourmente.

MATHILDE

Mais je m'en doute, moi. Cyprienne est charmante.

PHILIPPE

Eh bien, oui, je l'adore! et d'un amour ardent. D'un amour enfermé, muet, sans confident... Tiens, chère sœur, merci, de m'avoir ouvert l'âme, Merci! j'avais besoin d'une issue à la flamme! J'ai besoin d'épancher le dernier sentiment Qui me sépare encor de l'avilissement.

Oui, toute ma jeunesse est là réfugiée : C'est à ce noble amour que je l'ai confiée ; C'est lui qui me la garde! il n'est pas mon bonheur Seulement, mais encor ma vertu, mon honneur! — Aussi je le dérobe aux conseils de ma mère Comme au souffle du nord une plante de serre...

MATHILDE

Pourtant, un jour ou l'autre, il faudra lui parler.

Oui, mais quand il sera trop tard pour reculer, Quand son travail sur moi n'aura plus le passage Entre ma confidence et notre mariage.

MATHILDE

Eh bien, parle aujourd'hui; mariez-vous demain.

PHILIPPE

Y penses-tu, ma sœur?

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