ACTE QUATRIÈME. 3S
Il ne me reste rien de mon cœur d'autrefois...
Hors l'amour maternel qu'aucun souffle n'effleure,
Et c'est lui seul qui parle et t'exhorte à cette heure !
Au nom de mes labeurs, au nom de mes ennuis.
Par tout ce que j'étais et par ce que je suis,
Ne t'aventure pas dans cette rude vie
Où mon âme à ce point s'est usée et meurtrie!
Enfin songe à tes fils! affranchis -les, crois-moi,
Du joug que notre erreur appesantit sur toi;
Et qu'ils aiment un jour sans que leur pauvre mcro
Leur doive les leçons d'une sagesse anière.
Ne leur prépare pas pour un moment pareil
Ce terrible récit, ce terrible conseil !
PHILIPPE
Que tu me fais de mal!
MADAME HUGLET.
Je le sais, et j'en souffre...
Mais il faut avant tout te retirer du goufire. Sache souffrir un jour pour être heureux plus tard. Quelle hésitation reste dans ton regard? Ne te sens-tu pas pris dans un cercle inflexible, Quand ton amour te rend la fortune impossible, Et que d'autre côté par un cruel retour Ta pauvreté te rend impossible l'amour?
Qui t'arrête? la peur d'affliger Cyprienne? Mais sa vie est en jeu tout aiitant que la tienne ! Je parle pour tous deux, mon fils! Vous ne serez Et vous ne pouvez être heureux que séparés !