‹ La pierre de toucheChapitre 55 sur 295 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

FRÉDÉRIQUE

Non, mon ami.

FRANTZ

Alors, pourquoi t'étonner que j'aie retenu le baron et la nargrave?

FRÉDÉRIQUE

Je ne m'en étonne pas; mais je m'étonne qu'ils soient restés.

FRANTZ

A ion compte, ils devraient m'en vouloir?

FRÉDÉRIQUE

Il me semble qu'un peu de rancune de leur part...

Mais, ma pauvre enfant, tu ne connais pas ce monde de la noblesse. L'argent n'est à ses yeux qu'une puissance subalterne... J'aurais voulu que tu entendisses l'autre jour la margrave parler de tout cela... Et puis le baron, à tort ou à raison, s'est mis dans la tète que je lui ai sauvé la vie. . Je lui rappelle son fils... Voyons, mon enfant, qu'est-ce qui t'effarouche?... Pourquoi leur fais-tu froide mine? pourquoi ne veux tu jamais être de nos parties de plaisir?

FRÉDÉRIQUE

Que te dirai-je? je me sens gênée avec ces gens-là,... et puis je tiens compagnie à Spiegel.

FRANTZ

Que Spiegel vive dans son com comme un ours, si c'est son goût; mais, toi qui dois être la châtelaine d'Hildcsheim, profite de l'occasion qui se présente de prendre les façons et le ton du grand monde. Tu ne les as pas, ma chère enfant, et ton éducation est à faire... comme la mienne.

FRÉDÉRIQUE

Tu me trouves gauche, n'est-ce pas?

FRANTZ

Un peu... Ce n'est pas ta faute; mais...

FRÉDÉRIQLE.

Tu ne t'en apercevais pas autrefois...

FRANTZ

C'est que la grâce et l'élégance de la pauvreté ne sont pas celles de la richesse. Le pot de réséda, qui était autrefois le luxe de ta fenêtre, humilierait tes serres aujourd'hui. Ta condition a changé, fais comme elle!

Eh bien, mon ami, j'essayerai.

La margrave parait snr la porte à droite. FRAIfTZ.

Eh bien, tu t'en vas?

FRÉDÉRIQDB.

Oui... je ne sais pas ce que j'ai... Une autre fois... Adieu...

EUe Eort par la gauche.

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