SCENE VIII
Les Mêmes, FRÉDÉRIQUE.
SPIEGEL
Dites-lui votre opinion, Frédérique... Il veut se faire adopter par le baron de Berghausen.
FRÉDÉRIQUE
Que vous disais-je, Spiegel? Leur plan se découvre.
Vous aviez raison... La farce du sanglier s'explique.
FRANTZ
Vous êtes fous tous deux... Quel intérêt le baron aurait-il ;. m'adopter? Regardez ses équipages, ses livrées... il est ^iche...
SPIEGEL
Moins que toi...
FRAXTZ.
En tout cas, est-ce hii qui hériterait de moi, ou moi qui III. 6
hériterais de lui?... D'ailleurs, il ne songe pas à m'adopter. C'est une idée qui me vient à l'instant, qui n'appartient qu'à moi.
FRÉDÉRIQUE
Tu as eu cette idée de toi-même?
FRANTZ
Pourquoi pas?
FRÉDÉaiQUK.
Pourquoi pas? Et ton père ! est-ce en reniant son nom que tu comptes payer ta dette à sa mémoire? Ne sais-tu pas au prix de quels sacritices il a fait de toi un artiste, au lieu d'un artisan que tu devais être? Si tu l'as oublié, je m'en souviens, moi qui tenais ta place dans sa pauvre maison... Ame tendre! cœur simple et dévoué! Pendant sa dernière maladie, comme il sentait sa fin prochaine : « Va, ma fille, me disait-il, n'appelle pas de médecins; ils coûtent cher, et Frantz a besoin d'argent là-bas. » Il mourut en bénissant le travail qui te retenait loin de loi... et tu veux quitter son nom !
Qui parle de le quitter? Je l'illustrerais, au contraire, en y joignant l'éclat d'un titre, et mon père lui-même, dont je n'ai pas oublié la tendresse, se réjouirait de me voir anobli.
FRÉDÉRIQUE
Non, Frantz, non.
FRANTZ
Vous m'en aimeriez donc moins, vous autres?...
SNEGEL.
Je ne dis pas cela.
FRÉDÉRIQUE
Je t'aimerais toujours, c'est ma destinée ; je ne sais pas ce