‹ La pierre de toucheChapitre 8 sur 295 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ce'pas un reproche de paresse que je lui fais, (a Franu.) Estce que tu as mal dormi? Tu es un peu pâle.

FRÀNTZ.

Oui, j'ai été agité toute la nuit.

SPIEGKL.

Il est dans ses jours de découragement; grondez-le, Frédérique.

FRÉDÉRIQUE

Quand donc auras-tu la conscience de ta valeur, mon cher Frantz?

Ma valeur I C'est votre amitié à tous deux qui me la prête.

FRÉDÉRlQUE.

Et ta défiance qui te l'ôtera. La certitude est la vertu des forts, c'est peut-être leur force.

FRANTZ

Que veux-tu! j'ai une organisation de femme : l'obstacle me décourage, l'attente m'énerve.

FBÉDÊRIQUE.

Ce n'est pas ta faute, mon pauvre Frantz ; tu as toujours été traité en enfant gâté, par ton père d'abord, par nous ensuite. La moindre résistance chez les autres t'étonne et t'irrite.

FRANTZ

Je n'ai pas votre sérénité d'âme à tous deux, je l'avoue; je prends parfois ma faiblesse en pitié... Mais enfin, que veuxtu ! je souffre, je doute, j'ai l'esprit troublé.

FRÉDÉRIQUE

Veni-tu que je te joue ta symphonie? C'est le remède souverain à tes défaillances.

I "Wllll 1^

FRANTZ, avec humeur.

Eh! ma symphonie!...

FRÉDÉRIQUE, à part.

Pauvre Frantzl tu as raison, ton esprit est malade!

Frantz, passe-moi le vermillon.

FRANTZ, couché sur le divan.

Tiens, Frédérique, il est là.

Il montre uue petite étagère.

FRÉDÉRIQUE va le prendre et le donne à Spiegel, près de qni elle resta.

Cher tableau ! — Vous en ferez une copie que nous garderons, n'est-ce pas, Spiegel?

SPIEGEL

Si cela vous fait plaisir.

FRÉDÉRIQUE

Quel souvenir il nous rappelle ! et que cet inconnu a été bien inspiré de vous le commander !

FRANTZ

C'a été mon premier triomphe... mon seul ! On fait bien de le tixer sur la toile.

FRÉDÉRIQUE

Vous avez presque fini, Spiegel?

SPIEGEL

A part le nez du noble inconnu, que je ne peux pas attraper... La miniature qu'il m'a envoyée est stupide.

FRÉDÉRIQUE

Notre chien n'est qu'ébauché.

SPIEGEL

Il ne veut pas poser, le gredin! Depuis que j'éd besoin de lui, il est toujours en course.

FRANTZ

Eh bien, ôte-le du tableau, ce sera son châtiment.

SPIEGEL

L'ôter du tableau, ce vieux compagnon? Nous ne serions plus au complet. J'aimerais mieux racler le noble étranger.

FRÉDÉRIQUE

Il a raison, Frantz. Ce vieux Spark est de la famille.

SPIEGEL

Mais où se cache-t-il, le scélérat? C'est peut-être par modestie. J'ai justement besoin de lui maintenant.

FRÉDÉRIQUE

Voici l'heure de son déjeuner ; il doit être rentré, je vais lâcher de l'attirer sous un prétexte.

SPIEGEL

Oh! le vieux sournois ne s'y trompera pas. Mais vous avez de l'influence sur lui,*èt, en le priant bien, vous le déciderez peut-être.

FRÉDÉRIQUE

C'est cela; j'aime mieux la franchise. Je vais vous l'amener.

Ella sort.

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