SCÈNE III
SPIEGEL, FRANTZ
Charmante fille, va! Bénédiction!... Ah çà! tu étais en train de me raconter tes amours, mon gaillard !
FRANTZ, allant à Spiegel.
Ce sera bientôt fait. . . J'aime Frédérique.
SPIEGBL.
Frédérique?... ta cousine?... notre enfant?.,.
FRANTZ
Elle était une enfant, quand, après la mort de mon père, qui l'avait élevée, je l'ai recueillie orpheline pour la seconde fois ; mais quatre ans ont fait une femme de la petite fille.
SPIEGRL.
Comment t'est venue l'idée de l'aimer, toi qni la tutoies, qui es comme son frère?
FRANTZ
Est-ce qu'on sait comme cela vient?
SPIEGEL
Mais... elle... crois-tu qu'elle se doute...? Penses-tu qu'elle t'aime?
FRANTZ
Je n'en sais rien. Je n'ose pas l'interroger. A quoi bon, d'ailleurs? Je ne peux pas l'épouser... je suis trop pauvre.
SPIEGEL
Ah!... c'est vrai... tu es trop pauvre.
Si j'étais sûr de mon talent, à la bonne heure!
SPIEGEL
Oui ; mais, tant que ta symphonie n'aura pas été jouée, tu ne peux pas, en effet...
FRANTZ
Tu vois donc bien que mon irritation n'est pas une impatience puérile.
ACTEPREMIEB. 19
SPIEGEL
Oui, oui, tu as raison... Est-ce que tu ne vas pas prendre l'aiv ce matin?
FRANTZ
Non, je suis triste.
SPIEGEL
Mais cependant... Ah! il faut porter ces dix florins à Hermann! je n'y pensais plus.
FRANTZ
Est-ce que cela presse? Tu iras après déjeuner.
SPIECEL.
Non, non, il les attend; vas-y.
FRANTZ
Je ne suis bon à rien ce matin.
SPIEGEL
Cela t'arrive souvent. Faut-il qne je quitte mon travail pour que tu puisses rester là les bras croisés?
Comme tu me dis cela!
SPIEGEL
Eh! sacrebleu! c'est vrai. Tu te laisses soigner par nous comme une femme! Hermann ne demeure pas si loin, que diable !
FRANTZ
J'y vais.
SPIEGEL
Tiens, voilà ta casquette.
Fraat2 eoit.