‹ La pierre de toucheChapitre 99 sur 295 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE MARQUIS DE PU YGIRON, lisant un journal, à gauche, près de la table ; MO^irRICHARD, assis sur le divan en face du public. BAUDEL DE BEAUSÉJOUR, sur le divan de façon que le public ne voie que ses jambes.

MONTRICHARD, lisant le Guide dulYoyageur.

« Pilaitz, à neuf kilomètres sud-est de Dresde, résidence de la cour pendant l'été. Château royal ; eaux thermales ; magnifique établissement de bains; maison de jeux publics... » (u jette le livre.) Ce petit ouvrage est palpitant d'intérêt ! III. 9.

154 LE MARIAGE D'OLYxMPE.

Dites-moi donc, monsiour de Montricliard, vous qui êtes au courant de la Fi'ance moderne, qu'est-ce que c'est que mademoiselle Olympe Taverny? une actrice?

MONTRICHARD

Non, monsieur le marquis; c'est tout simplement une des femmes le mieux et le plus entretenues de Paris. Comment son nom arrive-t-il jusqu'aux eaux de Pilnitz?

LE MARQUIS

Le Constitutionnel annonce sa mort.

MONTRICHARD

Est-il possible ? Une fille de vingt-cinq ans ! Pauvre Olympe !

B AU DEL, se levant derrière le divan.

Olympe est morte?

MONTRICHARD, après avoir cherché d'où sort la voix, se lève et solue.

Monsieur Ta connue ?

B AU DEL, très-fat.

Comme tout le monde... beaucoup.

MOTRICIIARD.

Comment est-elle morte, monsieur le uiurquia?

LE MARQUIS

Voici la nouvelle : (Lisant.) « On écrit de Californie : « La » lièvre jaune vient d'enlever à la ileur de l'âge une de nos » plus charmantes compatriotes, mademoiselle Olympe Ta- » verny, huit jours après son arrivée à San-Francisco. »

MOXTRICHARD.

Que diable allait-elle faire en Californie? Elle avait dix mille livres de rente.

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