‹ La Piété filiale en ChineChapitre 13 sur 25 · DE RESPECT A SA MERE · texte numérisé non relu

DE RESPECT A SA MERE

Sous la dynastie des Tsin, à la tête de l'administration de la ville d'Ou- Tchang-Fou, aujourd'hui chef-lieu de la province du Houpe, se trouvait un Tche-Fou (4) nommé Tao-Han, que tout le peuple aimait à cause de son esprit de justice, de sa douceur et de sa libéralité éclairée. Un jour qu'il dînait avec un de ses amis nommé Yu-Hao, qu'il n'avait pas revu depuis de nombreuses années, ce dernier, au milieu du repas lui porta plusieurs santés auxquelles Tao-Han répondit le mieux possible, sans toutefois tou-

cher au vin que contenait sa coupe ; Yu-Haone tarda pas à le remarquer, et, frappé de ce manquement aux rites, lui en fit l'observation. — Veuillez m'excuser, mon cher ami, lui répondit aussitôt Tao-Han; voilà quarante ans que j'ai fait le serment de ne plus boire de vin et je préférerais mourirplutôtque de violer ce serment.

— Pourrai-je savoir, lui répliqua Yu- Hao, ce qui vous a amené à prendre une telle détermination ? — Je vais vous le raconter, mon cher Yu-Han, persuadé que vous m'approuverez quand vous connaîtrez la vérité. Vous souvenez-vous de ma mère, de cette femme si bonne, si douce, si affectueuse, qui ne vivait que pour ses enfants. Eh bien, croiriez-vous qu'un jour lorsque j'étais étudiant, entraîné par de mauvais sujets, je m'enivrai au point de perdre laraison, et que lorsque

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ma mère me fit quelques reproches sur ma conduite scandaleuse, je lui manquai complètement de respect.

L'excellente femme n'en dit pas un mot à mon père et chercha même à me consoler, lorsque, après lui avoir demandé pardon, je lui avouai les remords qui m'obsédaient; je lui promis alors de ne plus jamais boire de vin et j'ose espérer, mon cher Yu- Hao, qu'en raison de la vieille amitié qui nous unit, vous ne m'en voudrez pas si je respecte mon serment.

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