‹ La Piété filiale en ChineChapitre 24 sur 25 · SACRIFICE EXTRAORDINAIRE D'UNE FILLE POUR SON PÈRE · texte numérisé non relu

SACRIFICE EXTRAORDINAIRE D'UNE FILLE POUR SON PÈRE

On peut voir encore à Peking, dans la ville intérieure, une grande tour nommée la tour de la cloche, qui fut construite, en l'an 141 o, par l'empereur Yong-Lo. Lorsqu'il fallut fondre cette cloche qui a des dimensions colossales, le mandarin Kouan-Yu, qui en avait été chargé, échoua deux fois de suite. L'empereur, furieux, le fit prévenir que si l'opération manquait une troisième fois, il payerait de sa tête son incapacité. Kouan-Yu avait une jeune fille âgée de seize ans, nommée Ko-Ngai, d'un beauté hors ligne, et qui nourrissait pour ses parents upe affec-

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tion sans bornes. Après avoir cherché à consoler et à encourager son malheureux père, elle alla consulter un astrologue célèbre, qui lui dit : que, les métaux ne s'uniraient point entre eux tant que, dans la composition de l'alliage, n'entrerait pas le sang d'une vierge. Ko-Ngai rentra chez elle, terrifiée, mais bien décidée à s'immoler pour sauver son père. Elle le supplia de lui permettre de l'accompagner lorsqu'on ferait de nouveaux essais. Au jour fixé, elle se trouvait avec une de ses suivantes au milieu des parents et amis, pleins d'anxiété sur les résultats de l'opération. Dès que celle-ci fut commencée, un silence de mort régna dans toute l'assemblée. Tout à coup on entendit un cri épouvantable et ces mots « Pour mon père, » puis on vit les métaux en fusion bouillonner un instant en débordant partout; ils

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axaient reçu un nouveau corps : celui de Ko-Ngai, qui s'était précipitée la tête la première au milieu de cette lave de fer et de cuivre. Sa suivante essaya de la retenir, niais ne parvint à saisir qu'un de ses souliers. Le père, fou de douleur, voulut suivre sa fille, et on eut mille peines à le ramener chez lui dans un véritable état de démence.

La prédiction de l'astrologue se vérifia, la cloche sortit de l'opération aussi parfaite que possible. Seulement on ne retrouva pas le moindre vestige de la malheureuse Ko-Ngai. L'alliage avait absorbé la vierge tout entière.

On raconte que, depuis cette époque, lorsqu'on sonne la cloche, elle produit un son plaintif qui finit par imiter une voix de femme à l'agonie, et que l'on entend distinctement le mot Mai. C'est Ko-Ngai, dit le peuple, qui demande son soulier.

Les annales chinoises relatent un fait presque semblable qui s'est passé dans le royaume de Ou à l'époque où la Chine était divisée en trois royaumes.

Le chef des forgerons du roi fut accusé de ne plus fournir à l'Etat que des armes d'une qualité inférieure, et allait être condamné à mort, quand sa fille Ly-Ouo se précipita au milieu des métaux en fusion et sauva ainsi son père. Le roi ordonna qu'on élevât un temple en l'honneur de la courageuse et dévouée jeune fille.

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