DÉVOUEMENT D'UN FILS POUR SA MERE MALADB
Sous la dynastie des Ming, le fils d'un mandarin militaire, nommé Tchao-Sy-Kien, âgé de seize ans, habitait seul avec sa mère la ville de Nan-Fong. Un jour, arriva la triste nouvelle que son père avait été blessé grièvement. Sa mère fut si frappée de ce coup inattendu, qu'elle tomba malade et fut obligée de s'aliter. Tchao- Sy-Kien fit venir de suite les meilleurs docteurs du pays, qui tous déclarèrent que le choc avait été trop violent, que l'organisme de la pauvre malade était brisé, que la médecine
était impuissante, et que le ciel seul pourrait la sauver. Tchao-Sy-Kien se rendit alors dans les temples, s'adressa aux bonzes, auxTao-Sze, et les suppliant de demander à leurs dieux la guérison de sa mère. Il alla même jusqu'à consulter un tireur d'horoscope en renom, qui lui dit qu'il n'y avait plus rien à faire. Le mal ayant continué à faire des progrès, Tchao- Sy-Kien désespéré, résolut de se couper un morceau de sa propre chair et d'en faire un remède pour sa mère.
Prenant un couteau bien affilé, il en porta le tranchant sur sa poitrine du côté du cœur et appuya fortement avec la main droite sur le manche. Mais, au même instant, la porte de la chambre poussée par le vent se ferma avec fracas. Tchao tourna involontairement la tête, et, par suite de ce mouvement, le couteau
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glissasur la chair et ne lit qu'une entaille assez légère, d'où le sang coula cependant avec une certaine abondance. Tchao-Sy-Kien recueillit précieusement ce sang, en fit des pilules avec un peu de reglisse et de sucre, et les donna à prendre à sa mère, qui recouvra presque aussitôt la santé. Ce fait ne tarda pas à être connu dans toute la ville de Nan-Fong. Un hiotay (inspecteur des études), qui se trouvait de passage dans ce moment, fit, en Thonneur de Tchao-Sy-Kien, une pièce de vers qui est restée célèbre jusqu'à ce jour.
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