OBSERVATION XXIII
( Communiquée par mon excellent ami M. Bernard, interne des hôpitaux ).
Empoisonnement par les huitres ; œdème de la glotte traité par
le jàborandi.
C,.., B..., était convalescent d'une fièvre grave; l’anorexie étant absolue, le médecin prescrit quelques huitres par repas. La digestion en fut facile pendant 10 à 12 jours; le 15 février, le malade en mange 6 à 6 heures du soir et se couche vers 10 heures sans que rien n’annonçât la crise qui devait suivre.
A 11 heures, il s’éveille; la respiration est anxieuse, la vue troublée ; le coté droit de la face paraît lourd et anesthésié, les paupières sont considérablement œdématiées, le visage bouffi ; les lèvres participent à l’œdème général, le voile du palais est énorme au toucher, surtout du côté droit sur lequel reposait le malade ; l’asph^vxie augmente : l’inspiration est fort pénible, l’expiration relativement facile, cornage.
Prévoyant la gravité de l’attaque, notre malade fait appeler le médecin, lui recommandant de prendre tout ce qu’il faut pour faire la trachéotomie. En même temps il boit une tisane (feuilles de jaborandi 5 gr , eau 500 gr. ) 10 minutes après , une sueur abondante se produit; la bouche, qui était d’une douloureuse sécheresse, laisse écouler abondamment la salive pendant près d’une heure. Au bout de ce temps, la respiration commence à devenir plus facile et le patient ne souffre plus que de douleurs à l’angle des mâchoires, dues [au crachotement incessant.
Vers deux heures du matin, toute sueur avait cessé et une éruption d’urticaire généralisée se manifesta tout è coup et dura trois jours.
12 heures après l’absorption du jaborandi, les paupières droites portaient seules les signes de l’œdème de la veille.